Quand on y réfléchit cinq minutes, c’est à se gratter la tête. Pourquoi les Français, qui distillent depuis des siècles toutes sortes de spiritueux –du cognac, du calvados, de l’armagnac, du rhum, des anisés, des eaux-de-vie de fruits et de plantes, des vodkas, du gin, etc.– commencent-ils seulement à fabriquer du whisky? Massivement s’entend, et non plus grâce à une demi-douzaine de pionniers dispersés dans la pampa, puisque l’Hexagone comptera cette année au moins 42 distilleries de malt. Cet afflux bienvenu a d’ailleurs justifié la création d’une Fédération du whisky de France, officiellement lancée le 16 janvier dernier. Pas trop tôt. Pas besoin de carbone 14 pour dater les premiers pas du whisky français: en l’état actuel des fouilles archéologiques, l’histoire retiendra que les Bretons de Warenghem ont distillé le premier 100% made in chez nous, en 1983 (WB, un blend commercialisé en 1987). Ils rééditent l’exploit avec le premier single malt bleu-blanc-rouge, Armorik, lancé en 1998. «Il était finalement légitime que le whisky français naisse en Bretagne, sur une terre celte», remarque David Roussier, aux mannettes de Warenghem. La distillerie, créée en 1900, vivotait sur ses liqueurs, et décida de tenter l’aventure en lisant dans la presse régionale qu’un whisky français baptisé Le Biniou (ça ne s’invente pas) avait été servi à la garden party de l’Élysée… Ce qui nous amène à la préhistoire ...
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