On a droit... À la droite !
Edito. Malgré les attaques répétées contre son champion, le peuple de droite est prêt à tout pardonner pour arriver au second tour.
La France n'a jamais été autant à droite; ou du moins les Français revendiquent-ils plus que jamais les caractéristiques de ce que la droite traditionnelle prétend défendre : des valeurs d'autorité, de discipline, un certain libéralisme économique, une éducation classique, l'appropriation de l'histoire de France, le patriotisme et la fierté d'être Français, le respect des forces de police et militaires, une certaine tradition culturelle et religieuse, le tout sur fond de devise républicaine. Tous ou presque réclament aujourd'hui des frontières plus sécurisées, une politique moins dispendieuse en matière d'aides de toutes sortes, une exigence d'intégration plus claire... Ni racisme, ni exclusion, ni discrimination : ces termes médiatisés jusqu'à en devenir des tics de langage et que l'on voudrait distinctifs de la droite, mais forment bien l'expression d’un simple bon sens populaire et une volonté de rigueur dans le pays.
“Le peuple de droite n'y comprend plus rien”
Malheureusement, dans le tableau électoral, c'est le foutoir intégral, plus personne ne s'y retrouve et le peuple de droite au sens large a compris, alors que tous les indicateurs sont au vert, qu'il risque de ne pas figurer au second tour de l'élection présidentielle ! Un comble, du jamais vu.
Même les sondages ont le tournis. Plus rien n'est prévisible et, franchement, les Français ont le sentiment de n'y être pour rien; leurs hommes politiques se sont englués dans un pouvoir addictif qui les fait se renier sur tout, pour garder leur pouvoir personnel. Ils ont cru qu'ils avaient tous les droits, dont celui de mentir pour être élu, à tel point que leurs électeurs estiment à 74% qu'il faut mentir pour être élu... tout en désapprouvant bien sûr.
Une droite modérée majoritaire et à laquelle peut s'ajouter une bonne partie de l'électorat de Marine Le Pen qui ne se retrouve pas dans l'extrémisme du FN mais qui n'en peut plus; les constats de Marine Le Pen étant si bons à entendre que certains croient que les solutions sont également bonnes !
“La révolte gronde”
C'est tellement vrai que face à cette France à droite, Emmanuel Macron rame et y cherche activement des ralliements pour que sa mayonnaise garde un peu de consistante. Il se déclare ET de droite ET de gauche : subtil et plus intéressant que le ni-ni; avec ce “ET de droite” il espère consoler les égarés de la droite et du centre.
Aussi la révolte gronde, légitime, sourde mais de plus en plus difficilement contenue. Pour eux la droite avait gagné, le gagnant des primaires était le futur président de la République. Le scénario catastrophe qui s'est imposé depuis, après un grand désarroi et un moment de doute terrible, a laissé place à la violence d'un sentiment d'une légitimité volée : son “droit” à se retrouver au 2ème tour. Il emporte peu à peu tout sur son passage en dénonçant comme victimes expiatoires subsidiaires “les primaires, responsables de tout ce gâchis” et bien sûr l'acharnement de l'opposition à l'empêcher de gagner.
On ne veut plus rien savoir : ni le prix des montres, ni la nature des emplois familiaux ou le nombre de costumes offerts, on en ricane (allez voir sur eBay, peut être que l'ami auquel on les a rendus les a-t-il mis en vente ? Ils partiront chers - collectors !).
“Il demeure un socle d'irréductibles électeurs”
La droite est dans le déni, elle s'est mis des œillères et a décidé que c'était démocratiquement totalement injuste d'être ainsi éliminée alors qu'elle s'est bien comportée. Tant pis pour le reste. Nous en sommes au stade où quoi qu'il advienne, il demeure un socle inébranlable d'irréductibles électeurs prêts à tout oublier. Ce socle commence à s'élargir. L’attitude naturellement moralisatrice de la droite s'est modifiée, elle a resserré les rangs pour ne laisser sa place à aucun prix et cela au nom de l'intérêt du pays. Elle est prête à tout accepter et il est en train de se créer une espèce de dynamique sur le mode : on se fiche de ces turpitudes vénielles (ainsi en est-il décidé) le salut de la France passerait avant : tout sauf la gauche.
Elle ne veut plus rien entendre, ni croire à ces scoops quotidiens qui tuent à petit feu son héraut du premier tour ; rien ne compte sinon le programme plébiscité aux primaires... malgré son désarroi étouffé. Circulez il n'y a rien à voir !
Reste à savoir si cet aveuglement volontaire entrainera le peuple de droite jusqu'à la victoire au premier tour?

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