L’abus de pouvoir érigé en système
Notre opinion. Six élus Les Républicains contre-attaquent. En désignant l’orchestration minutieuse qui dévoie la campagne présidentielle.
Grâce aux compères du Canard enchaîné, nous disposons maintenant de la définition et du mode d’emploi du “cabinet-noir-qui-n’existe-pas” : « Plusieurs observateurs bien placés dans l’appareil policier nous ont ainsi décrit par le menu l’existence d’une structure clandestine, aux ramifications complexes » (Bienvenue Place Beauvau, page 24, déjà cité par Valeurs actuelles, le 23 mars). Les auteurs poursuivent : « Pour orchestrer les affaires judiciaires il existe une mécanique complexe aussi efficace que redoutable. Hollande a su en tirer profit. » Et ceci encore : « Une fois la machine lancée, le dossier emprunte un alambic judiciaire, sous le regard d’un autre ami du président… » Structure clandestine, mécanique complexe, orchestration : nulle “théorie du complot” vaseuse, mais un système mis en oeuvre par des autorités aux fonctions tout à fait officielles.
À quoi sert-il ? Ce “cabinet-noir-qui-n’existe-pas” n’a pas inventé les emplois de sa femme et de ses enfants par François Fillon, ni les missions de sa société de conseil, ni les cadeaux qu’il a reçus. Certes ! Mais les emplois de son épouse avaient cessé depuis quatre ans et, jusqu’à preuve du contraire, il n’y avait rien d’illicite dans tout ça. L’orchestration minutieuse a permis de devancer l’instruction ; elle a exhumé les emplois et les missions pour les habiller, les interpréter, les entretenir grâce au tribunal médiatique, qui juge en morale, avant le tribunal judiciaire, qui juge en droit. Le moloch des chaînes d’info a besoin d’une alimentation sans fin : l’« alambic judiciaire » la lui fournit en procès-verbaux et pièces du dossier, en piétinant le secret de l’instruction. Les procureurs de l’écran sont plus expéditifs que ceux du parquet.
Avant de s’emballer pour éliminer Fillon, cette mécanique a fonctionné de la même manière avec les mêmes personnes pour détruire Sarkozy, à travers les siens. Cas exemplaire, celui d’Éric Woerth, son ancien trésorier et ministre du Travail, mis en examen pour financement illicite, trafic d’influence et autres, massacré par l’“orchestration judiciaire et médiatique”, comme Fillon l’est aujourd’hui, durant les années 2012 à 2014, avant d’être relaxé, en 2015. Il avait pour avocat Jean-Yves Le Borgne. Nicolas Sarkozy est sorti de son silence, le 20 mars, pour le décorer de la rosette de la Légion d’honneur. En s’appuyant sur le livre du brillant avocat (Changer la justice, Puf), il en a profité pour condamner les actuels abus de pouvoir : « Qui arrêtera l’instrumentalisation des procédures par le pouvoir médiatique ? Qui aura suffisamment de courage pour écrire le “J’accuse” qui manque à notre siècle ? Qui aura le courage de dénoncer la peine médiatique qui s’abat sur celui qui, parfois, n’a même pas été entendu par la justice ? »
Les auteurs de Bienvenue Place Beauvau révèlent, page 27, que la juge qui a fait « géolocaliser pendant un an les deux portables de l’ex-président de la République » (Sarkozy) a été faite chevalier de la Légion d’honneur à la promotion de Pâques 2014… Corruption des autorités judiciaires ? Trafic d’influence ? Un fait relevé parmi bien d’autres par les six élus Les Républicains dans leur lettre réclamant au parquet l’ouverture d’une enquête.
L’article 40 du code de procédure pénale dispose : « Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit » est tenu de le dénoncer au procureur de la République… Aujourd’hui, les parties prenantes du système ne risquent rien, mais demain, en cas d’alternance ? Va-t-on leur demander des comptes ? Ce rappel est de nature à dissuader certains emballements. Il se peut que ce soit aussi la véritable explication de la formidable résistance au changement de pouvoir à laquelle on assiste — de tout un pouvoir, politique, financier, administratif, policier, médiatique et judiciaire.
À l’écran. Le lundi à 20 heures, dans les Informés, sur Franceinfo (canal 27 de la TNT et à la radio).
à voir aussi
Nos partenaires
À lire aussi
de l\u2019Institut,<\/P>\n\n
Gr\u00e2ce aux comp\u00e8res du Canard encha\u00een\u00e9<\/I>, nous disposons maintenant de la d\u00e9finition et du mode d\u2019emploi du \u201ccabinet-noir-qui-n\u2019existe-pas\u201d : \u00ab Plusieurs observateurs bien plac\u00e9s dans l\u2019appareil policier nous ont ainsi d\u00e9crit par le menu l\u2019existence d\u2019une structure clandestine, aux ramifications complexes \u00bb <\/I>(Bienvenue Place Beauvau<\/I>, page 24, d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9 par Valeurs actuelles<\/I>, le 23 mars). Les auteurs poursuivent : \u00ab Pour orchestrer les affaires judiciaires il existe une m\u00e9canique complexe aussi efficace que redoutable. Hollande a su en tirer profit. \u00bb <\/I>Et ceci encore : \u00ab Une fois la machine lanc\u00e9e, le dossier emprunte un alambic judiciaire, sous le regard d\u2019un autre ami du pr\u00e9sident\u2026 \u00bb <\/I>Structure clandestine, m\u00e9canique complexe, orchestration : nulle \u201cth\u00e9orie du complot\u201d vaseuse, mais un syst\u00e8me mis en oeuvre par des autorit\u00e9s aux fonctions tout \u00e0 fait officielles.<\/P>\n\n
\u00c0 quoi sert-il ? Ce \u201ccabinet-noir-qui-n\u2019existe-pas\u201d n\u2019a pas invent\u00e9 les emplois de sa femme et de ses enfants par Fran\u00e7ois Fillon, ni les missions de sa soci\u00e9t\u00e9 de conseil, ni les cadeaux qu\u2019il a re\u00e7us. Certes ! Mais les emplois de son \u00e9pouse avaient cess\u00e9 depuis quatre ans et, jusqu\u2019\u00e0 preuve du contraire, il n\u2019y avait rien d\u2019illicite dans tout \u00e7a. L\u2019orchestration minutieuse a permis de devancer l\u2019instruction ; elle a exhum\u00e9 les emplois et les missions pour les habiller, les interpr\u00e9ter, les entretenir gr\u00e2ce au tribunal m\u00e9diatique, qui juge en morale, avant le tribunal judiciaire, qui juge en droit. Le moloch des cha\u00eenes d\u2019info a besoin d\u2019une alimentation sans fin : l\u2019\u00ab alambic judiciaire \u00bb <\/I>la lui fournit en proc\u00e8s-verbaux et pi\u00e8ces du dossier, en pi\u00e9tinant le secret de l\u2019instruction. Les procureurs de l\u2019\u00e9cran sont plus exp\u00e9ditifs que ceux du parquet.<\/P>\n\n
Avant de s\u2019emballer pour \u00e9liminer Fillon, cette m\u00e9canique a fonctionn\u00e9 de la m\u00eame mani\u00e8re avec les m\u00eames personnes pour d\u00e9truire Sarkozy, \u00e0 travers les siens. Cas exemplaire, celui d\u2019\u00c9ric Woerth, son ancien tr\u00e9sorier et ministre du Travail, mis en examen pour financement illicite, trafic d\u2019influence et autres, massacr\u00e9 par l\u2019\u201corchestration judiciaire et m\u00e9diatique\u201d, comme Fillon l\u2019est aujourd\u2019hui, durant les ann\u00e9es 2012 \u00e0 2014, avant d\u2019\u00eatre relax\u00e9, en 2015. Il avait pour avocat Jean-Yves Le Borgne. Nicolas Sarkozy est sorti de son silence, le 20 mars, pour le d\u00e9corer de la rosette de la L\u00e9gion d\u2019honneur. En s\u2019appuyant sur le livre du brillant avocat (Changer la justice<\/I>, Puf), il en a profit\u00e9 pour condamner les actuels abus de pouvoir : \u00ab Qui arr\u00eatera l\u2019instrumentalisation des proc\u00e9dures par le pouvoir m\u00e9diatique ? Qui aura suffisamment de courage pour \u00e9crire le <\/I>\u201cJ\u2019accuse\u201d qui manque \u00e0 notre si\u00e8cle ? Qui aura le courage de d\u00e9noncer la peine m\u00e9diatique qui s\u2019abat sur celui qui, parfois, n\u2019a m\u00eame pas \u00e9t\u00e9 entendu par la justice ? \u00bb<\/I><\/P>\n\n
<\/I>Les auteurs de Bienvenue Place Beauvau <\/I>r\u00e9v\u00e8lent, page 27, que la juge qui a fait \u00ab g\u00e9olocaliser pendant un an les deux portables de l\u2019ex-pr\u00e9sident de la R\u00e9publique \u00bb <\/I>(Sarkozy) a \u00e9t\u00e9 faite chevalier de la L\u00e9gion d\u2019honneur \u00e0 la promotion de P\u00e2ques 2014\u2026 Corruption des autorit\u00e9s judiciaires ? Trafic d\u2019influence ? Un fait relev\u00e9 parmi bien d\u2019autres par les six \u00e9lus Les R\u00e9publicains dans leur lettre r\u00e9clamant au parquet l\u2019ouverture d\u2019une enqu\u00eate.<\/P>\n\n
L\u2019article 40 du code de proc\u00e9dure p\u00e9nale dispose : \u00ab Toute autorit\u00e9 constitu\u00e9e, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l\u2019exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d\u2019un crime ou d\u2019un d\u00e9lit \u00bb <\/I>est tenu de le d\u00e9noncer au procureur de la R\u00e9publique\u2026 Aujourd\u2019hui, les parties prenantes du syst\u00e8me ne risquent rien, mais demain, en cas d\u2019alternance ? Va-t-on leur demander des comptes ? Ce rappel est de nature \u00e0 dissuader certains emballements. Il se peut que ce soit aussi la v\u00e9ritable explication de la formidable r\u00e9sistance au changement de pouvoir \u00e0 laquelle on assiste \u2014 de tout un pouvoir, politique, financier, administratif, policier, m\u00e9diatique et judiciaire.<\/P>\n\n
\u00c0 l\u2019\u00e9cran. <\/B>Le lundi \u00e0 20 heures, dans les Inform\u00e9s<\/I>, sur Franceinfo (canal 27 de la TNT et \u00e0 la radio).<\/P>","chapo":"Six \u00e9lus Les R\u00e9publicains contre-attaquent. En d\u00e9signant l\u2019orchestration minutieuse qui d\u00e9voie la campagne pr\u00e9sidentielle.","date":"2017-03-28","document_unique_id":"3107996","issue_number":"4192","category":"Editorial_va","subtitle":"","author":"Fran\u00e7ois d'Orcival","new":"1","import":"5040"}

Vos réactions sur cet article