Quarante ans après, la leçon politique de Raymond Barre
0
À la fin de l'été 1976, le président de la République Valéry Giscard d'Estaing a choisi Raymond Barre comme Premier ministre. Ce n'était pas un homme politique, il n'avait occupé aucune fonction élective. Il succédait à Jacques Chirac, comme Georges Pompidou, quatorze ans auparavant, avait succédé à Michel Debré. Barre, comme Pompidou, était inconnu du grand public, il était issu de la société civile –on veut dire par là qu'il n'était pas député. Mais ni lui ni Pompidou n'étaient des incapables et l'un et l'autre se révélèrent des Premiers ministres qui marquèrent leur période, ce qui prouve que la capacité gouvernementale ne passe pas nécessairement par le scrutin d'arrondissement.
Pompidou et Barre se portèrent candidat à la présidence de la République. L’un réussit, l'autre échoua. Pompidou gagna mais n'acheva pas son mandat. Barre, en 1988, fut battu par Chirac au premier tour (au second tour, il serait devenu un adversaire plus redoutable pour Mitterrand), survécut à sa défaite et devint maire de Lyon (s’il avait accepté de le devenir en 1983, ce qui ne tenait qu'à lui, au lieu d'attendre 1995, il aurait pu gagner le premier tour de la présidentielle en 1988).
Il n'est pas démontré que l'élection choisisse les meilleurs
On vient de célébrer le 20 septembre, par un colloque au Sénat, l'anniversaire de son accession à Matignon: c'est l'occasion de réfléchir aux qualités qu'on devrait attendre de ceux qui ... Lire la suite
