A Pont-de-Claix (Isère), la commune crée un dispositif pour mettre fin à l'extrême pauvreté des seniors
Christophe Ferrari, maire (ex-PS), réélu en 2020, en avait fait un engagement de sa dernière campagne : que plus aucune personne de plus de 60 ans ne vive en dessous du seuil de pauvreté de 885 euros.
« Pont-de-Claix est la commune de la métropole grenobloise où le revenu par habitant est le plus faible ; c’est une ville ouvrière, avec des hommes et des femmes qui ont travaillé dans l’industrie, qui ont acheté leur maison dans les années 50 et 60, souvent des passoires thermiques, explique le maire de Pont-de-Claix, commune de 10.800 habitants, au sud de Grenoble.
Or, continue l’élu local, qui préside également Grenoble Alpes métropole, la hausse du coût de la vie et « l’augmentation du coût de l’énergie » ont, au fil des années, accéléré la précarisation des seniors.
« On a des personnes âgées qui ne se chauffent pas ou ne chauffent plus qu’une pièce. On n’avait pas ce problème, avant. »
L'exemple de Grande-Synthe (Nord)Pour que les plus fragiles puissent se chauffer et se nourrir, la Ville s’est inspirée de l’exemple de Grande-Synthe (Nord), qui a instauré en 2019 un revenu de base pour permettre à sa population la moins favorisée de vivre décemment.
« On est allé là-bas, et on a travaillé sur un système inspiré du concept du revenu minimum universel : il s’agit de compléter les revenus de personnes de plus de 60 ans afin de leur permettre d’avoir des revenus mensuels au moins égal à 885 euros par mois ». La Ville versera aux bénéficiaires la différence entre leurs revenus et le seuil de pauvreté.
120 à 150 personnes concernéesBaptisé « complément minimum garanti (CMG) », le dispositif débutera en septembre 2021. « On a aujourd’hui dans la commune entre 120 et 150 personnes qui sont dans cette situation. C’est pour cela qu’on a prévu un budget de 200.000 euros. »
Spécificité du CMG : une partie du complément financier, de l’ordre de 30 euros par mois, sera versée en Cairn, la monnaie locale.
Vue de Pont-de-Claix
Les plus de 60 ans ne seront pas les seuls aidés à Pont-de-Claix : la Ville compte étendre son CGM aux jeunes de 16 à 27 ans à partir de fin 2022 ou 2023. « Chez nous, on a seulement 20 % d’une classe d’age qui va à l’université?; à Meylan, par exemple, commune voisine, c’est 80 %. L’un des principaux freins, c’est la question financière. Il y aura donc un CMG pour les personnes âgées et un pour les étudiants », conclut Christophe Ferrari.
Le revenu universel en question à Moulins
Nicolas Faucon
