A 18 ans, le jeune Clermontois cumule les délits et additionne les condamnations
À 18 ans et demi, le jeune prévenu, cheveux bouclés, qui se tient debout derrière la paroi vitrée du box du tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand, accumule les condamnations. Seize mentions au casier judiciaire – beaucoup de vols et violences –, dont la première remonte à 2015, lorsqu’il avait 13 ans.
« Tous les parquetiers de Clermont connaissent votre histoire »
Déjà un long parcours devant le tribunal pour enfants, ponctué de séjours en prison : « Tous les parquetiers de Clermont connaissent votre histoire », lance le procureur Hervé Lhomme. L’histoire d’un adolescent en déshérance, mis à la porte par sa mère « parce qu’il pose des difficultés », placé plusieurs fois, suivi par les éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) auxquels il fait parfois faux bond. « Vous avez mis en échec toutes les mesures éducatives », poursuit le procureur. Il noircit un peu plus le tableau : « Les mains tendues n’ont servi à rien. Vous ne vivez que des délits que vous commettez. C’est un choix de vie. Que voulez-vous qu’on vous propose à part la maison d’arrêt ! ? »
Deal de shit dans un immeuble à ClermontCette fois, comme en 2018, c’est un trafic de stupéfiant qui l’amène devant les juges. Le 27 mai dernier, il a été interpellé dans la cage d’escalier d’un immeuble, boulevard Henri-Henrot, à Clermont. Un lieu de deal.
« J’étais dans l’immeuble à discuter avec des potes à moi. Le sachet, il était là. Il n’est pas à moi »
Le jeune homme conteste le procès-verbal des policiers qui l’ont vu se débarrasser d’un sachet de résine de cannabis (74 grammes) et d’une bombe lacrymogène : « J’étais dans l’immeuble à discuter avec des potes à moi. Le sachet, il était là. Il n’est pas à moi ». Le client qui venait ce jour-là acheter du shit contre 50 euros l’a reconnu sur des photos que lui a montrées la police. « Comment expliquez-vous cela ? », le questionne la présidente. Il ne l’explique pas. Son avocate, Me Guillaneuf, trouve une piste : « Ils ont été interpellés ensemble. Le lien, il est là. C’est logique qu’il le reconnaisse ».
« Dix mois, c’est taper fort. La prison n’est pas la solution miracle à un recadrage »
L’avocate s’attarde surtout sur la peine de dix mois de prison requise par le procureur. « Dix mois, c’est taper fort. La prison n’est pas la solution miracle à un recadrage. J’espère qu’il va se réinsérer. »
« Il n’est pas trop tard pour réagir »
À la question de la présidente sur ses projets professionnels et de formation, le jeune homme répond qu’il n’en a pas. Il vit chez sa grand-mère pour éviter d’être à la rue.
Dix-septième condamnationMercredi, le tribunal a prononcé une dix-septième peine en le condamnant à quinze mois de prison, dont huit mois ferme pour trafic de stupéfiant. Incarcéré depuis son interpellation, il reste en prison : « Il n’est pas trop tard pour réagir », a glissé la présidente. « Mais si vous persistez, les peines vont s’accumuler, votre vie sera difficile à construire ».
Leïla Aberkane
