Les surveillants sensibilisés au public en situation de handicap aux plans d'eau de Thiers Dore et Montagne (Puy-de-Dôme)
Tous les étés, ils surveillent les enfants sur les plages, font de la prévention et interviennent parfois en cas de danger dans l’eau. Les surveillants de baignade sont un maillon essentiel afin que les habitants du Livradois-Forez et les touristes passent un été apaisé, au plan d’eau ou à la piscine de Saint-Rémy-sur-Durolle, sur la base de loisirs d’Iloa à Thiers ou au lac d’Aubusson-d’Auvergne.
Inclusion et sécurité de tous les baigneursCette année, leur préparation a encore franchi un cap. Pour la première fois, ils sont formés et conseillés pour l’accueil du public handicapé. Dix surveillants de baignade, originaires de la région pour la plupart, étaient réunis, lundi, au plan d’eau de Saint-Rémy-sur-Durolle, pour une journée de formation, qui faisait figure de test au niveau départemental.
En plus d’échanges théoriques sur la notion d’inclusion, sur les différentes familles de handicap, une formation pratique a été organisée. « L’objectif principal, c’est l’inclusion et la sécurité de tous les baigneurs, pour savoir comment réagir en cas d’accident ou d’urgence pour les surveillants de baignade », résume Yannick Morvant, conseiller sport au service départemental jeunesse, engagement et sport, qui est à l’initiative de cette action (*).
Au-delà du technique, un encadrement humainCette problématique prend aussi tout son sens depuis l’obtention du label Pavillon Bleu sur les trois lieux de baignade principaux de Thiers Dore et Montagne, cette année. « Pour obtenir ce label, il y avait des critères techniques à respecter. On a réalisé des travaux au printemps pour mieux accueillir les personnes handicapées autour du plan d’eau », indique Frédéric Chonier, le maire de Saint-Rémy-sur-Durolle.
Deux places pour les personnes handicapées et un WC automatique ont été créés, une table de pique-nique adaptée a été installée et un cheminement qui répond aux normes PMR a été réalisé. Pourtant, le premier magistrat s’est rendu compte « qu’on résolvait les problèmes techniques mais qu’il n’y avait pas d’encadrement humain ». Cette formation, proposée avec l’aide des comités départementaux handisport et sport adapté, vient combler en partie ce manque.
« Leur mission reste de surveiller, mais ils pourront donner des conseils et connaître les réactions de ce public. Par exemple, certaines personnes en situation de handicap mental ne supportent pas qu’on les touche, en cas de noyade. Les surveillants seront plus vigilants, sauront rassurer les gens, et envisageront un lieu de repli »
Antoine, qui travaille comme surveillant de baignade à la piscine de Saint-Rémy, voit cette formation d’un bon œil : « C’est bien qu’on connaisse les spécificités de chaque handicap. On pourra davantage épauler les éducateurs quand ils viendront avec des groupes. »
Alexis, lui, est satisfait de connaître « les différents matériels que l’on peut mettre en place ». Les surveillants ont ainsi appris l’utilisation d’un fauteuil roulant propre à la baignade, qui sera mis en libre-service cet été au bord de la plage, ou encore à reconnaître les bandes de guidage le long de la piscine pour les déficients visuels.
Si le territoire de TDM est le premier à expérimenter cette formation, celle-ci devrait se développer partout dans le département.
« Si ça peut inciter certaines personnes, les rassurer pour venir se baigner dans nos plans d’eau, tant mieux. »
Le plan d’eau de Saint-Rémy a d’ailleurs candidaté à la marque d’État « Tourisme et handicap » afin d’être encore davantage identifié comme un site accessible et accueillant pour les personnes en situation de handicap.
(*) En partenariat avec le conseil départemental, la commune de Saint-Rémy-sur-Durolle et Thiers Dore et Montagne.
Fanny Guiné
