Les agriculteurs de la Creuse avancent des solutions face à la crise de la filière viande bovine
La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) et les Jeunes agriculteurs (JA) de Creuse ont rencontré, cette semaine, la préfète du département pour exposer leurs revendications en pleine crise de la filière viande bovine. Pour Christian Arvis, président de la FDSEA Creuse, plusieurs dossiers sont sur la table.
La consommation prioritaire de produits creusoisConsommer creusois en Creuse : c’est l’un des premiers objectifs des agriculteurs, eux qui peinent parfois à aller chercher de nouveaux marchés extérieurs en raison d’un « quasi-monopole » de grands opérateurs. « On s’aperçoit, que dans la restauration hors domicile comme les écoles ou hôpitaux, on ne mange même pas creusois voire même pas français ! Il faut que cela change. Cela va notamment se mettre en place avec le plan de relance car un volet est dédié à ça. Mais maintenant il faut du concret pour que ces établissements se fournissent auprès de nous. »
Revoir la loi EgalimLa loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation sain (Egalim) a été promulguée le 30 octobre 2018 suite aux États généraux de l’alimentation. Mais, pour Chistian Arvis, elle peine à se rendre efficace. « On a une grande attente sur cette fameuse loi Egalim car devait être pris en compte le coût de production qui, aujourd’hui, ne rentre pas dans la rémunération d’un agriculteur lorsqu’il vend ses produits. Il faut donc que cette loi aille jusqu’au bout ! »
Un fonds d’allégement des charges spéciales « élevage »Toujours sur un volet économique, la président de la FDSEA en Creuse demande la création d’un fonds d’allégement des charges spéciales « élevage ». Celui-ci permettrait la prise en charge des cotisations sociales par l’État, sans pénalité, ni décompte des trimestres d’activité pour le calcul des retraites, ainsi qu’une année blanche sur les échéances bancaires de 2021, avec un report des annuités en fin de tableau d’amortissement et une prise en charge des intérêts d’emprunt par l’État. Pour Christian Arvis, président de la FDSEA en Creuse, des solutions sont envisageables.
L’arrêt de l’extension des zones vulnérables en CreuseSi les agriculteurs creusois ne nient pas l’intérêt de la question environnementale, ils restent néanmoins sceptiques sur l’extension des zones vulnérables dans le département. « Une révision de la cartographie de ces zones est en train de se faire en ce moment mais il y aurait pas moins de 80 communes classées... Ces analyses sont faites n’importe comment et ne sont pas justifiées donc on n’en veut pas. »
L’arrêt immédiat de la vaccination contre la FCOAlors que les cas de fièvre catarrhale ovine (FCO) se multiplient dans les troupeaux, les représentants des agriculteurs creusois ne veulent plus de vaccination contre cette maladie. Pour eux, elle est avant tout commerciale. « Il faut la déclasser car ça joue finalement plus sur le commerce que sur la santé des animaux. Quand on vend un veau, si le carton indique que la bête est vaccinée, il y a une différence de prix. Et certains en abusent. Cela fait dépenser de l’argent aux agriculteurs pour rien. »
Les agriculteurs de la Creuse inquiets d'une crise qui dure
La revalorisation des retraites agricolesEnfin, l’entrée en vigueur de la revalorisation à 85% du Smic pour les retraites agricoles dès le 1er janvier 2021 est elle aussi demandée.
La réponse de Virginie Darpheuille, préfète de la Creuse
« C’était une réunion de travail utile et indispensable pour faire le point avec les représentants et faire le tour des solutions possibles sur des sujets où je peux aider la profession. Les agriculteurs sont confrontés à une crise des prix donc il n’y a pas de solution magique. La profession est particulièrement secouée. Il faut donc trouver des leviers, des sensibilisations et des mesures. Il y a des possibilités pour améliorer la situation comme le plan d’alimentation territorial qui est un des axes travaillés dans le cadre du Plan Particulier pour la Creuse pour la structuration de la filière. Pour ce qui est d’une filière courte de la viande produite en Creuse pour alimenter les écoles, Ehpad ou hôpitaux, cela pourrait aussi être très valorisant en terme d’image pour la filière bovine. »
Texte : Alix Vermande
