Lettre d'Edith Piaf à Marcel Cerdan: "Je suis prête à tout sacrifier."
Casablanca, vendredi 22 juillet 1949
Mon adoré,
J'ai tant de choses à te dire et puis tout se bouscule. Et je me rends compte à chaque fois que je termine une lettre, que j'avais encore mille trucs à écrire et que c'est encore une fois trop tard. La seule phrase que je n'oublie jamais c'est que je t'aime de plus en plus et que je suis complètement folle de toi. C'est vrai, mon adoré, je m'habitue de moins en moins à nos séparations et mon cœur se déchire à chaque fois un peu plus. Je t'aime si profondément, si fort dans moi, je suis imprégnée de toi et n'ai qu'une seule idée : te rendre heureux. Je serais capable de tout pour ton bonheur. Si tu savais les idées qui me traversent la tête, j'ai tant peur que tu aies de la peine à cause de moi, je ne veux jamais être une entrave à ton cœur. Quand je m'aperçois, mon amour, la place que tiennent dans ton cœur tes trois petits, j'ai envie de partir très loin me disant que peut-être un jour tu me seras reconnaissant de l'avoir fait. Ta vie est si solidement bâtie sur des choses que tu as voulues et construites toi-même, que des fois, j'ai des peurs atroces. Oh, chéri, Dieu m'est témoin que dans cette histoire, je ne demande rien et que je suis prête à tout sacrifier. Mais jusqu'à quand pourrons-nous vivre ainsi. Une lettre, un téléphone, une stupide coïncidence peut nous trahir et alors... ? Que deviendrons-nous ? Quelle sera ta réaction ? As-tu pensé à toutes ces choses ? Il le faut pourtant, car je ne veux pas qu'un jour tu me gardes une rancune de ce qui peut advenir ! Cela devient de plus en plus difficile pour nous et mon cœur tremble à chaque minute ! Je veux que tu penses à nous froidement, que tu regardes bien au fond de toi et savoir aussi les responsabilités à envisager au cas où... !
[...] Comment es-tu ? Je suis si inquiète, tu me fais trembler tout le temps. Peut-être en Amérique, allons-nous enfin être heureux. Chéri, je t'aime tant, tu ne peux savoir à quel point, tout au monde pour toi je ferais. Je me jette dans tes bras que j'adore, je t'appartiens, tout petit adoré que j'aime. Serre-moi fort contre ton cœur, empêche-moi de respirer et dis toi que rien au monde ne compte pour moi que toi, je te le jure sur ma voix, ma vie, mes yeux. Chéri, chéri, j'aimerais passer toute ma vie à tes pieds et te servir. Tu es si merveilleux et je t'admire tant. Momone et Loulou t'embrassent, quant à moi je te fais ce que tu veux. Moi petite.
Edith Piaf
Source texte: Agnès Pierron, Lettres d'amour, Le Robert, 2015
Source image: Marcel Cerdan, Unknown author, 1969 © Wikimedia Commons
Lire aussi:
• La chanson d'amour préférée des Français est...
• Cent ans après sa naissance, Edith Piaf demeure le symbole de la France
• Pour suivre les dernières actualités en direct sur Le HuffPost, cliquez ici
• Tous les matins, recevez gratuitement la newsletter du HuffPost
• Retrouvez-nous sur notre page Facebook
Également sur Le HuffPost:
