François Fillon: l'ennemi culturel dont la gauche a besoin
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«Et ce fut grande impatience dans l’Ost du socialisme, quand nous vîmes flotter la bannière du Christ, précédant les armées venues de l’Ouest. On célébra alors fêtes laïques, et l’on invoqua la Raison, pour qu’elle bénisse nos troupes devant l’envahisseur. Le Premier des ministres se prosternait devant la République et lui jurait fidélité… On accourait vers lui, seul capable disait-on de nous éviter les chaines et la honte…»
(Chroniques de la fin de notre monde, apocryphe)
Manuel Valls a de la chance. Cela fait partie du talent? Depuis quatre ans qu’il compose, à la mesure de sa sincérité, une posture de connétable laïque, les circonstances la rendent nécessaire.
Ses invocations de la valeur supérieure de la République, majoritairement applaudies, avaient l’inconvénient de blesser une part des gauches, qui regrettaient que le sain mot de laïcité soit employé à nier la part musulmane de notre société. C’était une contradiction idéologique qui bloquait Valls à gauche, le plaçant dans la continuité sémantique des droites et du Front national, en lutte contre l’ennemi intérieur…
Tourner ailleurs les canons
Soudain, tout se dissipe. Manuel Valls n’a pas à renoncer à son laïcisme. Il va pouvoir, au contraire, l’employer tout son saoul, en détournant simplement ses canons. Il lui suffit d’apaiser un peu son courroux contre l’islamisme, et de réveiller les réflexes de sa ... Lire la suite
