"Loyal sur le plan personnel" à Hollande, Macron ne se sent pas "son obligé"
Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron affirme dans une interview à paraître vendredi dans les journaux du groupe Ebra avoir une "loyauté personnelle envers François Hollande", sans avoir le sentiment d'être "son obligé" ou l'homme d'un "clan".
"J'ai une loyauté personnelle envers François Hollande. Je lui dois de m'avoir fait confiance et de m'avoir nommé au gouvernement. En même temps, lorsqu'un président nomme quelqu'un ministre, il le fait parce qu'il pense que c'est bon pour son pays, pas pour en faire son obligé", affirme le ministre.
Emmanuel Macron n'est donc pas l'obligé du président ? "Loyal sur le plan personnel et n'appartenant à aucun clan sur le plan politique. Avec un devoir, tout faire pour que les Français retrouvent le goût de l'avenir", répond-il.
François Hollande avait pourtant fait le 14 avril, lors de son intervention télévisée sur France 2, une déclaration en forme de mise au point: "C'est, entre nous, non pas simplement une question de hiérarchie, il sait ce qu'il me doit, c'est une question de loyauté personnelle et politique".
Le ministre, qui a lancé le 6 avril son mouvement, En marche!, entend bousculer le "système bipartiste, avec d'un côté le PS et de l'autre les Républicains", et prendre le "calendrier politique dans le bon ordre". "Il faut une recomposition de l'offre politique, et il la faut maintenant", insiste-t-il.
"Dans la logique actuelle, on parle d'abord des personnes (...) Les partis choisissent d'abord un candidat, qui cherche à accentuer le clivage droite-gauche pour gagner sa primaire. Ensuite, chacun va chasser des voix au centre pour gagner l'élection. Et au lendemain de l'élection, on cherche à reconstruire des équilibres, des unions, on lance un grand bilan du pays...", décrit le ministre.
Pour lui, "il faut faire les choses dans l'autre sens : d'abord le bilan, le diagnostic du pays, ensuite les idées et les actions pour y répondre et enfin les personnes". C'est à ce diagnostic du pays que veut s'attaquer le ministre en envoyant ses "marcheurs" à la rencontre de 100.000 personnes dans une grande campagne de porte-à-porte.
Pour l'ancien conseiller à l'Elysée de François Hollande, "le vrai clivage aujourd'hui, il est entre les progressistes et les conservateurs, plus qu'entre la gauche et la droite".
