Chaque erreur de français à l’oral froisse vos oreilles? Vous ne pouvez pas vous empêcher de reprendre un étranger qui apprend le français parce que «c’est lui rendre service»? Et vous vous étonnez de massacrer l’anglais en le cousant de fautes devant un interlocuteur anglophone qui ne semble pas s’en émouvoir? C’est parce que, en bon locuteur français, vous adoptez une attitude puriste. Une tradition linguistique devenue un code dans la société: «L’orthographe est un marqueur social, elle donne une image de soi»,
expliquait Alain Rey, le père du Robert. Le jugement porté est sévère en cas de faute:
selon l’institut Ipsos, près de neuf Français sur dix se disent «choqués» en cas de faute dans un document administratif ou professionnel. Alain Rey allait même plus loin, expliquant que, dans le monde professionnel, chez «celui qui fait des fautes, il y a un sentiment d’échec». On peut parler d’une passion française envers la pureté de la langue. Un attachement qui explique pourquoi les esprits peuvent s’échauffer dès lors qu’on manipule les règles qui la régissent. A la «guerre des nénufars» qui avait enflammé le pays il y a vingt-six ans au sujet de la réforme du français a succédé aujourd’hui
celle de «l’accent circonflexe» à l’occasion
de son entrée dans les manuels scolaires. Cette réécriture des mots heurte car la langue française s’est fixée au prix d’un ...
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