Les progrès du génie génétique nous rapprochent chaque jour un peu plus du moment où l’humanité aura la capacité d’intervenir pour modifier l’ADN des embryons, avec des conséquences importantes –et partiellement imprévisibles– pour les générations futures. Le site de la revue Nature
consacre un long et passionnant article aux questions médicales mais également éthiques que pose une technique prometteuse, connue des spécialistes sous le nom de CRISPR–Cas9, qui, comme l’explique
le magazine La Recherche, se réfère à un «ensemble de traitements qui corrigent directement chez les patients des gènes défectueux à l'origine de maladies». Cette intervention modifierait définitivement le génome, ce qui signifie que le nouveau patrimoine génétique sera transmis aux prochaines générations après modification génétique de la première.
La technique suscite un vif intérêt scientifique et des chercheurs ont reçu récemment l’accord du parlement et des autorités de contrôle britanniques
pour l’expérimenter sur des embryons humains sains. Une première historique.
La grande question philosophique qui divise les chercheurs, les responsables politiques et les patients concerne le tracé de la ligne de démarcation entre les techniques réparatrices, dans le cas de mutations génétiques entraînant des maladies, et les techniques préventives. Où commence le pathologique? Certains, rappelle Nature, considèrent que l’obésité ou ...