Mulhouse : un militant CGT devant la justice
Quelque 150 militants, selon la police, membres de la CGT, de la FSU et du Front de gauche notamment, ont manifesté leur soutien ce vendredi à Joël Moreau, certains brandissant des pancartes proclamant: "Je suis Joël". "Si Valls voulait nous faire taire, c'est raté", a commenté Joël Moreau. Le syndicaliste, qui comparaît dans le cadre d'une procédure de reconnaissance préalable de culpabilité, a promis de dire à la barre "ce qu'il s'est passé".
Il est entendu depuis 9 heures par le procureur qui doit lui faire une proposition de peine. La proposition du parquet devait ensuite être homologuée par un juge. Son avocat, Mounir Bentayeb, s'est refusé de préciser les mots qui ont été prononcés par Joël Moreau et qui lui sont reprochés par la justice. Il comparaît pour outrages envers des personnes dépositaires de l'autorité publique, en l'occurrence Manuel Valls, des CRS et des gendarmes mobiles.
Aucune des victimes ne s'est constituée partie civile. Joël Moreau, 69 ans, ancien responsable syndical à PSA, avait été interpellé alors qu'il participait à la manifestation organisée devant une agence Pôle emploi à laquelle avait pris part une centaine de personnes. Selon des témoignages rapportés par la CGT Métallurgie Alsace, Joël Moreau aurait "haussé la voix, dénoncé le projet de loi, les attaques contre les acquis sociaux", tout en restant "dans le cadre du discours syndical". Le syndicat avait dénoncé le "déploiement policier de très grande envergure" qui avait entouré la visite gouvernementale de lundi. Les manifestants avaient été empêchés de s'approcher de l'agence Pôle emploi et avaient été "parqués pendant deux heures sur un parking à plusieurs centaines de mètres" du lieu prévu de la manifestation.
