Ces cinq dernières années ont vu la stagnation puis l’inversion du déclin de la violence politique observé depuis deux décennies. Dans le monde, la hausse de la mortalité associée aura été effarante –plus de 600% entre 2010 et la fin 2014,
selon les chiffres du Programme de collecte de données sur les conflits d’Uppsala, qui fait autorité en la matière. Une évolution vertigineuse mue principalement par des guerres où des islamistes radicaux comptent parmi les belligérants –les conflits en Syrie, Irak, Afghanistan et au Nigeria étant les plus meurtriers. L’intensification et la propagation des massacres auront fait naître une autre tendance de fond en Occident: l’idée que l’islam, perçu comme une religion intrinsèquement violente, serait la cause primordiale de cette situation. Un point de vue autant véhiculé par l’extrême droite que par certains progressistes. En Europe et en Amérique du Nord, l’argument est à la source d’une hostilité de plus en plus véhémente, et parfois violente, à l’égard des musulmans. Selon un sondage Pew Research mené en 2014 dans sept pays européens, plus de la moitié des personnes interrogées avaient un point de vue négatif sur les musulmans. Une enquête similaire de YouGov, menée au printemps 2015 –après l’attentat de Charlie Hebdo en France– chiffrait cette animosité à 40% des sondés.
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