Umberto Eco est
mort d’un cancer le 19 février, à l’âge de 84 ans. S’il était surtout connu du grand public pour son roman paru en 1980 Le Nom de la rose, il n’était pas seulement un écrivain de fiction. Philosophe et essayiste, il s’est exprimé à plusieurs reprises sur les mutations technologiques de notre société, entre autres dans
une chronique qu’il tenait sur le site de l’hebdomadaire italien L’Espresso. Et s’il a tenu des propos critiques à propos des nouvelles technologies, parfois à la limite de ce qu’un troll (ou un vieillard aigri) aurait pu affirmer d’un ton condescendant et réactionnaire, il s’est souvent révélé être un analyse censé et
plein d’humour du monde qui l’entourait. Parce que, comme il l’a dit dans une interview à L’Obs en 1991 (
en trois parties), même s’il pouvait se «sentir mal à l’aise dans [son] temps. Essayer de comprendre ce qui se passe [était] la seule façon pour [lui] de sortir de ce malaise». Umberto Eco ne manquait donc pas d’exprimer son malaise. Et à coup de formules choc. C’est bien lui qui, en 2015, a parlé d’«invasion des imbéciles» pour qualifier les réseaux sociaux: «Ils ont donné le droit de parole à des légions d’imbéciles qui, avant, ne parlaient qu’au bar, après un verre de vin et ne causaient aucun tort à la collectivité. On les faisait taire tout de suite alors qu’aujourd’hui ils ont le même droit de parole qu’un prix Nobel.»
Il ne ...
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