En introduction, l’érudit rappelle qu’en 1910 Benito Mussolini a pondu un roman populaire (
Claudia Particella, l’amante del Cardinale), puisant dans
Michel Zévaco, le
roman gothique et l’anticléricalisme (comme Zévaco, d’ailleurs). Eco met en parallèle le culte du surhomme, nationaliste et fasciste, comme issu du «complexe de frustration petit-bourgeois», et l’évolution du roman populaire, qui «commence par être démocratique (
Sue et
Dumas) pour finir nationaliste (
Arsène Lupin)». Voici Mussolini, qui «débute socialiste et finit nationaliste réactionnaire», comparé aux héros des lectures de notre enfance! Les problèmes de Balzac et la consolation de Dumas Eco s’attache à des romanciers oubliés (
Emilio Salgari, le Jules Verne italien) ou effacés par leurs personnages (
Ian Fleming et James Bond,
Burroughs et Tarzan), capables de produire des intrigues «bien ficelées», produisant «joie, terreur, pitié, rire ou pleurs»
[1]. Il souligne la distinction, peu étudiée alors, entre «narrativité problématique et roman dit populaire». Dans les deux cas, l’auteur connaît les attentes de son public, mais il peut choisir de «les provoquer ou de les flatter». Parfois, comme chez
Balzac, la différence est peu perceptible. Mais le roman populaire est «consolatoire», précise Eco, et c’est là que Balzac se distingue de Dumas: «Non seulement le suicide de Lucien de Rubempré mais même la victoire de Rastignac à la fin du
Père Goriot ...
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