Dans le Londres des années 1930, il fallait se faire discret quand on était homosexuel(le). Les gays et lesbiennes utilisaient
un langage secret pour discuter en public et se reconnaître entre eux, le tout sans se faire repérer.
Ce langage codé, nommé «polari», était également utilisé par les criminels, prostitués et gens du spectacle. Mélange
un peu flou de yiddish, lingua franca, italien et cockney, le polari fut popularisé par un duo humoristique pendant les années 1960,
comme rapporte ce reportage de la BBC. Avec la dépénalisation de l’homosexualité, le polari est progressivement tombé en désuétude... sans toutefois totalement disparaître. La preuve: dans son dernier album, plus précisément dans la chanson «
Girl loves me», David Bowie utilise un mélange de polari et de
nadsat, langage fictif employé dans Orange Mécanique.
Car le polari n’est pas le seul
cryptolecte à avoir vu le jour. Ces langues secrètes existent depuis plusieurs siècles et permettent à des communautés ostracisées ou criminelles de communiquer au grand jour.
Dans une longue enquête pour la BBC, David Johnson revient sur les différents langages secrets utilisés au fil des époques et des pays.
Lexique carcéral
Dans les années 1970, relate David Johnson, le linguiste Michael Halliday a noté des similitudes entre le
jargon des voleurs, utilisé par les brigands au Moyen Âge, et des jargons plus récents comme le «kolkata», à ...