C’est un peu le vilain petit canard de la bande dessinée. Plus de trente ans après l’arrivée du manga en France, et malgré le succès de quelques pionniers, les mangas dessinés par des Français (
appelés global manga ou manfra) restent une niche éditoriale relativement impopulaire auprès du grand public. Ironique, dans un pays fou de BD qui constitue le
deuxième marché mondial du manga. Il y a bien quelques signes encourageants comme
Lastman, de
Bastien Vivès, ou le succès des
éditions Ankama. Mais comment expliquer cette marginalité? D’abord par l’immaturité d’un genre encore jeune, selon Ahmed Agne, fondateur des
éditions Ki-Oon: «Il y a dix ans, lorsqu’on a lancé la maison, il y avait déjà énormément d’auteurs et de propositions de projets. Des artistes influencés par
Tsukasa Hojo,
Akira Toriyama… Mais ils produisaient quelque chose de plus proche du fanzine que de la véritable création.» Il y a aussi l’argument économique, selon lequel «il est plus cher et plus risqué pour un éditeur de produire une œuvre française à partir de rien et de la lancer, par rapport à un simple achat de licence à l’étranger», ajoute l’éditeur. D’où la réticence des éditeurs à tenter leur chance. Un «racisme de la BD» Ce qui plombe l’envol du manfra, c’est aussi et surtout la fâcheuse tendance des Français à décréter qu’un manga ne peut être dessiné que par un Japonais.
Reno Lemaire, que l’on peut ...
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