Paca prolonge son aide à Nice-Matin et prête à soutenir La Marseillaise
Le conseil régional (LR) de Provence-Alpes-Côte d'Azur a prolongé vendredi d'un an son soutien financier au groupe de presse Nice-Matin, passé près de la faillite et repris en coopérative, et s'est dit prêt à aider le quotidien La Marseillaise.
A la suite d'un vote, l'avance de 2 millions d'euros, à taux zéro, accordée au quotidien sera désormais exigible le 17 novembre 2017. Les élus du Front national, seule opposition dans l'hémicycle depuis le retrait de la gauche pour faire barrage à l'extrême droite en 2015, ont voté contre.
Placé en redressement judiciaire en 2014, Nice-Matin, qui emploie environ 800 personnes, avait été repris par ses salariés, sous forme de coopérative. Le groupe a retrouvé l'équilibre financier en 2015 et en mai 2016, les salariés ont entériné le principe d'une entrée au capital à hauteur de 20% du groupe belge Nethys, à travers sa filiale Avenir Environnement.
"Les salariés-actionnaires de la Société coopérative d?intérêt collectif (Scic) Nice-Matin qui avaient repris leur entreprise le 1er décembre 2014, ont validé vendredi après-midi à une très large majorité les accords d?entrée au capital du groupe belge Nethys, à travers sa filiale Avenir Développement", a annoncé vendredi Nice-matin.
La Scic Nice-Matin sera dans un premier temps majoritaire (80 %) dans la nouvelle entité. Avenir Développement, qui détiendra au départ une participation de 20 %, montera progressivement au capital pour devenir majoritaire en 2019. Le groupe belge injectera "les montants nécessaires" pour poursuivre la restructuration de l?entreprise et assurer son développement, a poursuivi Nice-matin.
"Nous allons rapidement initier des partenariats et des synergies et mettrons tous les moyens en ?uvre pour assurer le développement de Nice-Matin", a affirmé Marc Beyens, deuxième administrateur d?Avenir Développement, cité dans un communiqué du groupe.
Pour Christian Estrosi, "le pire pour notre territoire serait la disparition d'un seul média. Le devoir d'une collectivité est d'accompagner la liberté d'expression". "Si nécessaire", il s'est engagé à prendre "les mêmes mesures" pour le quotidien La Marseillaise, proche des communistes, placé en redressement judiciaire fin novembre.
Le conseiller régional FN Frédéric Boccaletti a tonné contre "la prétendue indépendance de la presse (à laquelle) seuls les naïfs peuvent encore croire" et souligné qu'il n'y avait pas de pluralité car "le groupe Nice-Matin est en quasi-monopole sur sa zone".
Le "traitement parfois inéquitable de l'information est en partie à l'origine des problèmes financiers du groupe" qui, "en n'assurant pas une juste couverture de l'actualité, s'attire les foudres d'un lectorat qui apprécie le FN", a-t-il assuré.
Plusieurs responsable d'extrême droite s'en sont pris depuis leur élection à des journaux régionaux. A Fréjus (Var), le maire FN David Rachline a dénoncé dans une lettre le "journalisme aux relents de totalitarisme" de Var-Matin (groupe Nice-Matin), et pendant la campagne des régionales, Marine Le Pen avait accusé La Voix du Nord, qui avait pris position contre elle, de "s'ériger en autorité morale et (de) lancer des fatwas". Robert Ménard, élu avec le soutien du FN à Béziers, s'en prend lui régulièrement à Midi Libre.
