À entendre les polémiques, on se croirait dans un poulailler dont le terrorisme ressort gagnant
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«Je ne demande que le silence que les morts appellent», avait hurlé Robert Badinter, ex-Garde des Sceaux, en réponse aux huées lancées à l’encontre de François Mitterrand à la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv en 1992. Jean-Jacques Urvoas, son successeur au ministère de la Justice, s’en est souvenu lorsque Manuel Valls fut sifflé à l’occasion de la minute de silence du 18 juillet à Nice en hommage aux victimes du tueur de la Promenade des Anglais.
Le 24 juillet, après l’interview dans le Journal du Dimanche de la responsable du centre de vidéosurveillance de Nice, une déplorable polémique enfle à nouveaux sur fond d’enjeux électoraux, visant à dégager les responsabilités de la police municipale à propos de la faille dans le dispositif de sécurité mis en place le 14 juillet.
«Vous déshonorez la cause que vous croyez servir», avait martelé Robert Badinter fustigeant les siffleurs il y a vingt-quatre ans. Aujourd’hui, l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin ne dit pas autre chose dans l’Obs lorsqu’il juge que «l’exploitation d’un tel drame ajoute le ridicule à la douleur». Face au déplorable spectacle de cette polémique partisane par médias interposés, c’est le terrorisme qui gagne. Les politiques sont-ils encore à la hauteur de leurs tâches?
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