Ryanair s'allie à Safran pour prendre en main la maintenance de ses moteurs
Dans le cadre de ce protocole d'accord pluriannuel de plusieurs milliards de dollars, Ryanair achètera l'ensemble de ses pièces détachées pour moteurs auprès de CFM, coentreprise entre Safran et GE, et ouvrira deux ateliers de maintenance en Europe à partir de 2029.
"Depuis 30 ans, CFM assure la maintenance de tous les moteurs CFM56 de Ryanair dans le cadre d’un contrat de maintenance à l'heure de vol. A partir de 2029, Ryanair prévoit d’internaliser la maintenance de ses moteurs", a déclaré Michael O'Leary, directeur général de Ryanair.
Le contrat vise à soutenir la flotte de la compagnie, qui doit croître jusqu’à 800 appareils de la famille Boeing 737 et plus de 2.000 moteurs.
Le contrat couvrira les moteurs CFM56 et Leap, actuels et futurs, équipant les Boeing 737 de Ryanair.
La maintenance devient cruciale face au manque d'appareils neufs sur le marché qui s'explique par les retards de production au sein d'Airbus et de Boeing, les difficultés persistantes des chaînes d’approvisionnement et les problèmes industriels touchant certains motoristes, qui allongent fortement les délais de livraison.
Dès lors que ses ateliers seront opérationnels et sur l'ensemble de la durée du contrat, Ryanair prévoit de dépenser plus d'un milliard de dollars par an en achetant des pièces détachées directement auprès de CFM.
En cas d'imprévu
Pour Ryanair, ce modèle permettra de limiter la hausse des prix, contrôler les délais de la maintenance et garantir la disponibilité des pièces.
"Il ne fait aucun doute qu’il y aura une forte inflation des coûts sur les avions neufs, sur les moteurs et sur les réparations de moteurs pour la prochaine décennie, jusqu’à ce que les chaînes d’approvisionnement commencent à se fluidifier", a déclaré Michael O'Leary au cours d'une conférence de presse.
Avoir ses propres ateliers de maintenance va permettre "de limiter l'inflation des coûts" alors que les motoristes "ne fourniront qu'environ 50% de la capacité des révisions de leurs moteurs" et que les ateliers de maintenance des compagnies aériennes tierces comme Air France ou Lufthansa s'occupent de leurs propres moteurs, a-t-il ajouté.
Autre enjeu: les délais de la maintenance. "Tout jour supplémentaire de délai d'exécution coûte cher à la compagnie aérienne" et ces délais "ont augmenté par manque de capacités à l'échelle mondiale", a pour sa part souligné Olivier Andriès.
Safran est aussi en plein expansion de son réseau de maintenance en Belgique, en Inde, au Mexique et en France avec un investissement d'un milliard d'euros.
En cas d'événement imprévu "comme la guerre du Golfe, le 11-Septembre ou le Covid", "nous aurons un bien meilleur contrôle sur la qualité de notre maintenance moteurs" grâce au partenariat avec CFM et l'achat en amont de pièces détachées assurera "un stock pour mener à bien les révisions".
"Il est donc crucial pour nous de nous approvisionner directement en pièces auprès de CFM", a ajouté M. O'Leary.
Cet accord marque une nouvelle étape dans le partenariat historique entre Ryanair et CFM, qui remonte à 1998.
Ryanair exploite la plus grande flotte mondiale d'avions Boeing équipés de moteurs CFM ainsi que la plus grande flotte de moteurs CFM56 en Europe, avec plus de 400 appareils Boeing 737 NG.
La compagnie aérienne exploite actuellement plus de 200 Boeing 737 max équipés de moteurs Leap. Ryanair a également commandé 150 Boeing 737 max avec 150 en option.
