Présidentielle: Boris Vallaud, chef des députés PS, s'oppose à une primaire à gauche
"La primaire, telle qu'elle se dessine, n'est pas suffisante", a déclaré samedi Boris Vallaud dans une interview au Nouvel Obs.
"Je suis favorable au rassemblement le plus large de la gauche face à la menace de l'extrême droite. C'est ma conviction et c'est ce que demandent nos électeurs", a-t-il ajouté.
La coalition qu'il propose et qui doit, à ses yeux, aller de François Ruffin (Debout!) à Raphaël Glucksmann (Place Publique), mais sans La France insoumise, "inventera ensuite son processus pour choisir son candidat".
Mais il y a un préalable : "la désignation d'un candidat du Parti socialiste" qui "s'engagera ensuite dans cette coalition", a-t-il ajouté, sans dire s'il souhaitait lui-même postuler.
Boris Vallaud occupe une place charnière au sein du PS entre le premier secrétaire Olivier Faure et ses opposants.
Le patron des socialistes avait participé, le 24 janvier à Tours, au lancement de cette primaire, qui doit se tenir le 11 octobre prochain, pour désigner un candidat issu du PS, des Ecologistes et des anciens insoumis comme Clémentine Autain et François Ruffin - mais sans Raphaël Glucksmann farouchement opposé à l'idée.
Olivier Faure s'était rendu à Tours sans mandat de son parti pour accepter une primaire. Il s'y était toutefois dit favorable et avait précisé que les militants socialistes seraient appelés à se prononcer après les municipales des 15 et 22 mars.
"cannibalisés les uns les autres"
Loin de lancer une véritable dynamique unitaire, l'annonce de cette primaire a au contraire accru les crispations et les divisions au sein du Parti socialiste.
Et alors qu’il avait présenté un front uni sur le budget, en soutenant à la quasi-unanimité la voie du compromis avec le gouvernement, voilà que les batailles internes, mises en sourdine depuis le Congrès de Nancy de juin 2025, ressurgissent avec force.
Le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol, opposant numéro un à Olivier Faure, et ses partisans sont aussi contre une primaire, tout comme François Hollande.
L'ancien chef de l'Etat, actuel député de Corrèze, à qui beaucoup prêtent de nouvelles ambitions présidentielles, préfère la mise en place d'une grande fédération de la gauche réformiste, allant du PS à Raphaël Glucksmann, Bernard Cazeneuve et Yannick Jadot afin de désigner un candidat au consensus.
Quant au député de l'Essonne, Jérôme Guedj, ennemi farouche de Jean-Luc Mélenchon, il a annoncé jeudi se lancer directement dans la course à l'Elysée.
Olivier Faure va-t-il reculer ? En 2017 et en 2022, "on a eu des candidats qui se sont cannibalisés les uns les autres", a-t-il relevé vendredi à Caen. "J'aimerais que cette fois-ci chacun comprenne que si la gauche n'est pas au second tour nous prenons de très gros risques de voir l'extrême droite l'emporter".
La primaire, défendue avec ardeur par la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier et l'ex-candidate de la gauche pour Matignon Lucie Castets, suscite aussi des remous chez les Verts.
L'aile gauche du parti reproche à Marine Tondelier son alliance avec le Parti socialiste, refusant que "l’écologie se dissolve à nouveau dans la social-démocratie".
