Donald Trump et ses droits de douane : des menaces rarement suivies d’effet
Une nouvelle fois, Donald Trump règle ses comptes à coups de sanctions douanières. À cause d'un retard de certification d'avions américains Gulfstream au Canada, le locataire de la Maison-Blanche a menacé ce jeudi 29 janvier le pays de droits douaniers de 50 % sur tous ses aéronefs vendus aux Etats-Unis. En parallèle, il a signé un décret indiquant qu’il pourrait frapper de surtaxes, d’un montant non précisé, tous les pays vendant du pétrole à Cuba. Même musique trois jours plus tôt avec la Corée du Sud : Donald Trump, jugeant que le parlement sud-coréen tardait à ratifier un accord commercial conclu fin octobre avec Washington, a menacé lundi de punir Séoul avec des droits de douane plus importants que ceux en vigueur actuellement. Avant d’adoucir le ton dès le lendemain, en disant que les deux pays allaient "trouver une solution".
De fait, les menaces du président américain ne sont finalement que rarement appliquées. Selon un décompte de Bloomberg Economics publié mardi 27 janvier, sur 49 menaces proférées entre son élection le 5 novembre 2024 et le 25 janvier 2026, seulement un peu plus d'un quart (28,6 %) sont à ce jour en application, dont 8,2 % en partie seulement. A l'inverse, 49 % des droits de douane annoncés ont été retirés (22 %) ou pas encore imposés (27 %). Publiée mardi, l'enquête n'intègre logiquement pas les sanctions contre la Corée du Sud, le Canada et l'Iran des derniers jours.
Mais l'étude de Bloomberg montre surtout l'épuisement de la méthode musclée de Donald Trump. Sur les 49 menaces recensées, celles entièrement mises en œuvre ou sous le coup d'une enquête l'ont été entre février et septembre, date de la dernière menace imposée, en totalité ou partiellement. Depuis, huit sanctions ont été annoncées mais aucune d'entre elles n'a été mise en place.
"Trump Always Chickens Out"
Cette analyse de Bloomberg confirme l'acronyme TACO, souvent utilisé pour qualifier le président américain : "Trump Always Chickens Out", soit "Trump se dégonfle toujours". Apparu en mai 2025, peu après son retour à la Maison-Blanche, le terme s'est imposé à cause de sa tendance à revenir sur ses promesses ou ses menaces. Une fâcheuse habitude qui a d'abord fait vivre la vie dure aux marchés financiers. La bourse américaine s'est désormais habituée à ces menaces et n'est plus aussi volatile que lors des premiers mois.
Donald Trump se dégonfle-t-il ? Ou veut-il simplement éviter de voir sa cote de popularité dégringoler davantage ? Car en un an, elle a perdu 11 points : quand 51 % des Américains approuvaient son action en janvier 2025, ils ne sont plus que 40 % aujourd'hui. À l'inverse, ils sont désormais plus de 56 % à désapprouver sa politique. La faute notamment aux mauvais résultats économiques du milliardaire. Et pour cause : les Américains sont les premières victimes des surtaxes mises en place et payent la quasi-totalité du coût de ces sanctions douanières imposées. Selon une étude récente de l'Institut de Kiel, les exportateurs étrangers n'ont absorbé qu'environ 4 % du surcoût lié à l'augmentation des droits de douane, tandis que les consommateurs et importateurs américains en ont absorbé 96 %.
