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Derrière les nus de Grok, l'industrie tentaculaire des IA qui déshabillent les femmes

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On peut choisir de les voir en bikini, en sous-vêtements plus ou moins aguicheurs, ou même entièrement nues. Certains sites offrent même la possibilité de choisir la taille de la poitrine en grossissant à l'envie leurs seins, ou encore de les représenter dans diverses positions sexuelles. Depuis le début de l'année, Grok, l'intelligence artificielle mise au point par xAI et disponible sur X (ex-Twitter), est sous le feu de vives critiques pour avoir permis à des milliers d'utilisateurs de déshabiller des femmes par IA, sans leur consentement. Sous pression, le réseau social a finalement annoncé le 14 janvier en fin de journée qu'il avait mis en place des mesures pour "empêcher Grok de modifier des images de personnes réelles portant des tenues révélatrices, telles que des bikinis".

Mais Grok est loin d'être le seul outil de ce genre. Depuis des années déjà, des centaines de sites, d'applications ou de canaux Telegram se sont spécialisées dans la production à grande échelle de deepfakes pornographiques, des contenus générés avec de l'intelligence artificielle et mettant en scène des femmes dans toutes sortes de scénarios sexuels.

Une industrie vaste mais insaisissable

"Déshabiller les femmes est un très vieux fantasme. Même avant Internet, il y avait des annonces dans les journaux pour vendre des lunettes qui montraient prétendument les sous-vêtements des femmes", pointe Laure Salmona, directrice de Féministes contre le cyberharcèlement et autrice de 15 idées reçues sur les cyberviolences et le cyberharcèlement. Un imaginaire très répandu, et qui s'est trouvé depuis des années une place sur Internet. Des logiciels de montage sommaires étaient utilisés pour "coller" les têtes de stars sur d'autres corps, et le logiciel de retouche Photoshop a permis aux utilisateurs les plus expérimentés de créer des photos truquées très réalistes.

Mais l'arrivée de l'intelligence artificielle fait changer ce fantasme d'échelle. Alors qu'avant, seule une poignée d'utilisateurs parvenaient à créer ce genre d'images, de premiers outils permettent de mettre la pratique à la portée de tous. "Avec les débuts de l'intelligence artificielle générative, les technologies de nudification ont commencé à se répandre", continue Laure Salmona. Les femmes politiques et les actrices sont les premières victimes de ces nouvelles plateformes, dont Deepnude, créée en 2019, était la plus connue. Désormais, plus besoin de maîtriser des logiciels complexes : il suffit de quelques photos de la cible, et du bon site pour obtenir en quelques minutes un cliché nudifié.

Et des sites, il y en a des centaines. "C'est difficile de donner un chiffre exact", prévient Grace Brigham, doctorante en informatique à l'université de Washington et co-autrice d'une étude sur ces applications. "Ces outils prennent des formes différentes. Il y a des sites, des applications, mais aussi des chaînes sur Telegram". Les applis mobiles et les sites sont souvent supprimés, avant d'être remis en ligne quelques jours plus tard sous des noms légèrement différents. Par ailleurs, des outils "classiques" d'IA, comme Grok ou Stable Diffusion, peuvent être détournés par les utilisateurs pour réaliser des photos pornographiques — une technique appelée jailbreak. "Tout cela rend leur quantification difficile", reprend Grace Brigham. Une seule certitude : ils sont nombreux, et très facilement accessibles.

Des photos pour quelques centimes

En quelques secondes et avec une simple recherche Google, L'Express a ainsi pu accéder à plusieurs sites proposant de créer des deepfake sexuels. L'offre est assez importante pour que des sites tiers réalisent des classements des différentes plateformes, en fonction de la qualité d'image, du prix de l'abonnement, ou encore de la présence de filigranes sur les clichés finaux. Les internautes n'ont même pas besoin de rechercher ces outils pour tomber dessus : un grand nombre de sites se payent de campagnes de publicité en ligne. Ces annonces sont diffusées dans des canaux Telegram, sur des forums spécialisés, sur des sites pornographiques, mais aussi sur des réseaux sociaux tels que Facebook ou Instagram.

Malgré la prise de position de Meta, la maison mère de Facebook et Instagram, en juin 2025, et l'annonce de règles strictes contre la promotion de ces sites, certaines publicités sont encore en ligne. En septembre, le média Indicator révélait ainsi avoir trouvé des milliers d'annonces pour des sites de deepfake à caractère pornographique. L'Express a également rapidement trouvé des publicités, dans différentes langues, promouvant des sites permettant de dénuder des femmes à partir de quelques images.

Accessibles, ces services sont aussi très simples à utiliser. Pas besoin de savoir coder ou de maîtriser les fondamentaux de l'intelligence artificielle : les outils font tout, tout seul. Les utilisateurs n'ont la plupart du temps qu'à créer un compte et à télécharger quelques photos de la personne de leur choix avant d'obtenir les images. Plusieurs types d'outils existent : certains permettent de déshabiller la personne, grâce à un modèle d'IA qui tente de "prédire" les formes du corps en fonction de la silhouette ; d'autres représentent la personne visée dans une position sexuelle ; d'autres réalisent des "face swap", en collant le visage de la victime sur les corps d'autres personnes sur des photos ou des vidéos. Les sites offrent parfois aux nouveaux utilisateurs un petit nombre d'essais mais la gratuité est généralement limitée. Il faut ensuite payer. En moyenne, une image coûte 0,31 dollar, mais en fonction du site utilisé, le prix peut monter jusqu'à 1 dollar par photo.

Les abonnements, eux, donnent généralement accès à des images de meilleure qualité, sans filigrane et une file d'attente réduite. Certains sites offrent même la possibilité de "licencier" leurs IA. Les internautes ont alors accès aux modèles utilisés pour déshabiller les photos, et peuvent les revendre à leur tour sous forme d'abonnement. "Il est donc possible de lancer son propre site web tout en s’appuyant sur cette IA", détaille Elissa Redmiles, professeure assistante à l'université Georgetown. "Un site proposait même un accompagnement, pour apprendre à promouvoir leur plateforme". Des IA en marque blanche, accessibles sur abonnement à des prix allant de 20 à 299 dollars par mois.

Les clients peuvent également devenir des "affiliés" chargés de recruter de nouveaux membres et payés à la commission - de 25 % à 50 %. Des techniques de recrutement qui marchent, hélas. "Les sites spécialisés dans la génération d'image peuvent avoir des centaines de milliers de membres", reprend Elissa Redmiles. Certains sites consultés par L'Express mettaient en avant plus d'un million de visites par mois.

Toutes ces techniques font de ces sites un réseau tentaculaire, et extrêmement riche. Alexios Mantzarlis, directeur de l'initiative Security, Trust, and Safety de l'université Cornell et fondateur du média Indicator, a longuement étudié cet écosystème. En prenant en compte seulement les sites, sans les applications et les canaux Telegram, et en analysant les transactions avec les intermédiaires de paiements, il estime que, "entre mai 2024 et mai 2025, ces plateformes ont engrangé 36 millions de dollars", explique-t-il au téléphone à L'Express.

Et malgré les critiques contre Grok et Elon Musk, ce business reste difficile à combattre. Certains sites jouent sur une zone grise juridique en expliquant dans leurs conditions d'utilisation que les images doivent représenter "des personnes adultes consentantes" — bien qu'ils ne semblent pas exercer de contrôle. Les entreprises sont la plupart du temps installées dans des paradis fiscaux ou des pays peu regardants. Interrogée par L'Express pour savoir comme elle vérifiait que ces conditions étaient bien remplies, une plateforme enregistrée aux Îles Cocos et affiliée à une entreprise installée au Belize, n'avait pas répondu à nos questions. Une enquête du Guardian avait révélé qu'un des sites les plus populaires du milieu, ClothOff, était administré par un frère et une sœur installés en Biélorussie par le biais d'une entreprise enregistrée aux Îles vierges britanniques.






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