Medvedev : «Rien que le rapprochement de l’Allemagne vers l’arme nucléaire constitue un casus belli indéniable»
Dans une tribune rédigée exclusivement pour RT, le vice-président du Conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev, a évoqué les conséquences de la politique militariste de l'Allemagne et de l'Europe dans son ensemble. Il a notamment abordé la question de la possession d'armes nucléaires par l'Allemagne, un sujet qui revient très souvent ces derniers temps dans les cercles politiques allemands.
Pour l'Allemagne, une telle démarche pourrait s'avérer catastrophique. Selon Medvedev, si Berlin s'approchait de l'acquisition d'armes nucléaires, cela donnerait à la Russie la possibilité de recourir à toutes les mesures de riposte prévues dans les Principes fondamentaux de la politique d'État. « Rien que le rapprochement de l’Allemagne vers l’arme nucléaire constitue un casus belli indéniable », a-t-il souligné.
Le vice-président du Conseil de sécurité russe a indiqué qu’une telle perspective pourrait susciter des inquiétudes aux États-Unis, qui se prononcent en faveur de la conclusion d’un nouveau traité START-4 avec la participation de la Chine. « Que pensent-ils d’une telle perspective : une Europe nucléaire avec une Allemagne militariste en tête, dont une partie des arsenaux n’est pas contrôlée par l’OTAN ? », s’est-il interrogé. Medvedev a admis qu’en cas d’apparition d’un arsenal nucléaire propre à l’Allemagne, ses cibles potentielles « ne se limiteraient pas du tout au territoire russe ».
L’Europe menacée par ses ambitions militaristes
En cas de conflit entre la Russie et l'Allemagne, l’industrie allemande serait complètement détruite, mais l'Europe en subirait également les conséquences, a estimé le vice-président du Conseil de sécurité russe. « Voici notre signal clair aux élites allemandes : si le scénario le plus terrible se réalisait, le risque serait grand d’aboutir au moins à une destruction mutuelle garantie et, en réalité, à la fin pure et simple de l’histoire de la civilisation européenne, tandis que nous continuerions d’exister », a-t-il souligné.
Selon Medvedev, si les événements devaient prendre cette tournure, « les cadres qualifiés et sensés qui resteraient s'enfuiraient » vers la Russie, les États-Unis, la Chine et les pays d'Asie. « Visiblement, seule une articulation directe de ces conséquences désastreuses est capable de ramener à la raison les héritiers des nazis et leurs alliés en Allemagne, qui ont perdu le sens de la mesure, sauvant ainsi des millions de vies des deux côtés du front », a-t-il ajouté.
Une « peur viscérale » comme instrument de dissuasion
En raison de la volonté d'imposer à la Russie le concept de « paix par la force », Moscou ne peut répondre qu'en inspirant une « peur viscérale », a souligné Medvedev. « Ni les tentatives de persuasion, ni la démonstration de bonnes intentions, ni la bonne volonté, ni nos gestes unilatéraux visant à renforcer la confiance ne doivent être nos instruments pour prévenir un grand massacre. La seule solution est de faire comprendre à l’Allemagne et à "l’Europe unie" qui la soutient que la mise en œuvre du plan "Barbarossa 2.0" leur infligerait immanquablement des dégâts inacceptables », a-t-il déclaré.
À ce jour, l’Allemagne ne possède pas d’arsenal nucléaire propre et, bien que des idées en ce sens surgissent régulièrement dans les cercles politiques allemands, Berlin n’a pas le droit d’en posséder un. Toutefois, dans le cadre des mécanismes de l’OTAN, une vingtaine de bombes nucléaires américaines sont stationnées à Büchel, la décision de leur utilisation revenant aux États-Unis.
Fin avril, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a souligné que le risque de catastrophe nucléaire avait atteint son niveau le plus élevé depuis la guerre froide et a appelé à renforcer le Traité de non-prolifération nucléaire. Le président Vladimir Poutine a ensuite déclaré que la Russie, en tant que partie au traité, en respectait strictement les dispositions.
