Le Chili promet d'intensifier les expulsions de migrants après un premier vol
Le président d'extrême droite José Antonio Kast est arrivé au pouvoir en mars avec la promesse d'une politique de "fermeté" contre l'immigration irrégulière, qu'il associe à une hausse de la criminalité.
"Nous allons intensifier les vols" et "il y aura aussi des départs en bus", a déclaré à la presse le vice-ministre de l'Intérieur Maximo Pavez, sans préciser le calendrier ni l'ampleur de ces opérations.
Le vol de jeudi est "le premier d'une longue série" qui, avec les expulsions par voie terrestre, "permettra de faire sortir de manière continue les migrants irréguliers qui ne doivent pas rester dans notre pays", a déclaré José Antonio Kast mercredi soir lors de son premier message à la nation.
Ces expulsions s'inscrivent pour l'heure dans la continuité des pratiques des gouvernements précédents.
Sous les présidences du conservateur Sebastian Piñera (2018-2022) et du président de gauche Gabriel Boric (2022-2026), respectivement 6.668 et 4.544 migrants en situation irrégulière ont été expulsés, selon le Service national des migrations.
Pour Juan Pablo Ramaciotti, directeur exécutif du Centre de politiques migratoires, le gouvernement n'a pas encore tracé de rupture claire avec ses prédécesseurs.
Plus de 330.000 migrants en situation irrégulière vivent au Chili, la majorité étant des Vénézuéliens.
A raison de trois vols mensuels de 40 passagers chacun, quelque 1.500 personnes seraient expulsées en un an, calcule l'expert.
Dans ses premiers jours à la présidence, le président Kast a lancé la construction de tranchées aux frontières avec le Pérou et la Bolivie pour freiner les entrées irrégulières, et suspendu les procédures de régularisation d'environ 180.000 étrangers.
Le Service des migrations a précisé que, depuis sa victoire à la présidentielle en décembre 2025, 2.180 Vénézuéliens ont quitté le pays volontairement.
En l'absence de relations diplomatiques avec le Venezuela depuis 2024, le gouvernement chilien entend privilégier les départs volontaires pour ses ressortissants.
Deux projets de loi doivent en outre être soumis au Parlement, l'un visant à criminaliser l'entrée irrégulière sur le territoire, l'autre à sanctionner ceux qui la facilitent.
