Macron condamne les heurts dans les mairies LFI : «Il n’y a pas de sédition possible dans les communes de la République»
Le chef de l’État, qui n’avait jusque-là pas commenté le scrutin local du 22 mars, a choisi le cadre du Conseil des ministres pour épingler ces incidents.
Selon des participants, Emmanuel Macron a déclaré : « Il n’y a pas de sédition possible dans les communes de la République ». Il a ajouté que « la République est partout chez elle et l’État de droit s’applique partout », demandant au ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez de veiller personnellement au respect de la légalité.
Un rappel à l’ordre sélectif venu de l’Élysée
Devant l’Assemblée nationale, Laurent Nuñez a recensé « plus de 120 faits judiciarisés » dans le cadre de la campagne. « C'est beaucoup plus que les autres années […], les communes dans lesquelles ces faits ont eu lieu, ce sont souvent celles de LFI », a-t-il commenté.
Municipales : Le ministère de l'Intérieur recense "plus de 120 faits judiciarisés" dans le cadre de la campagne. "C'est beaucoup plus que les autres années", commente @NunezLaurent. "Les communes dans lesquelles ces faits ont eu lieu, ce sont souvent celles de LFI." pic.twitter.com/q6ImtkpwXa
— LCP (@LCP) March 25, 2026
L’exécutif concentre particulièrement son attention sur Saint-Denis-Pierrefitte, en Seine-Saint-Denis, où le nouveau maire LFI Bally Bagayoko a tenu un premier conseil municipal houleux samedi dernier. La prise de parole du maire socialiste sortant Mathieu Hanotin y a été interrompue par des sifflets et des huées d’une foule acquise à la nouvelle équipe.
Bally Bagayoko a également suscité la polémique en affirmant que les agents municipaux « qui ne sont pas en phase avec le projet politique, forcément, ils partiront ». Le ministre délégué David Amiel lui a aussitôt adressé un courrier rappelant que toute éviction pour motifs politiques serait « entachée d’illégalité » et pourrait être annulée par le juge administratif.
Dans un entretien au journal Le Figaro il a ainsi déclaré : « Nous ne laisserons rien passer. Les agents publics sont au service de l’intérêt général, non d’un parti politique. »
Nous ne laisserons rien passer.
— David Amiel (@Amiel_David_) March 26, 2026
Les agents publics sont au service de l’intérêt général, non d’un parti politique. J’ai adressé au nouveau maire de Saint Denis un courrier rappelant des principes républicains fondamentaux. ????https://t.co/c2y4BmGLm8
Cette mise en garde présidentielle intervient après des gains notables de La France insoumise dans des banlieues populaires, scrutins qui traduisent souvent un fort mécontentement vis-à-vis de la politique nationale.
Les réprimandes de l’exécutif s’inscrivent dans un climat de fin de règne dans l’entourage d’Emmanuel Macron. Le parti présidentiel n’a remporté que deux grandes villes avec le concours de la droite à Bordeaux et Annecy et n’est pas parvenu à s’implanter sur le territoire après neuf années au pouvoir.
Dans ce contexte, les déclarations présidentielles ont des allures de diversion tandis que les maires LFI ont été élus démocratiquement là où le parti Renaissance n’est pas parvenu à convaincre.
