La vie de château pour cégétistes
Les marxistes de la CGT passent leur temps à taper sur les patrons, les riches et leurs signes extérieurs de richesse. Mais de quoi la centrale est-elle elle-même propriétaire ? « Située à Fontenay-lès-Briis, cette splendide propriété nichée dans la vallée de Chevreuse, au cœur d’un parc boisé de 75 hectares, est agrémentée de trois terrains de tennis, d’un minigolf et d’un camping. Les amateurs de promenades à bicyclette peuvent également s’égayer sur le parcours VTT du domaine et les pêcheurs goûter aux joies d’un étang à truites. Un petit coin de paradis à 35 kilomètres de Paris où la CGT-RATP envisageait de construire prochainement une piscine » pouvait-on lire dans Le Figaro il y a déjà 14 ans. La Cour des comptes épinglait alors la mauvaise gestion du comité d’entreprise de la RATP par la CGT incluant le fameux château – ont aussi leur mot à dire, dont FO, qui demande des comptes à la CGT. Celle-ci a loué le château, qu’elle possède depuis 1937, au CE de la RATP en 2005, lorsqu’elle le dirigeait, via un bail emphytéotique de 25 ans. « Ce qui me choque, c’est la durée et le fait que la CGT a validé ce contrat à son profit » s’exclame Laurent Djebali, secrétaire général de FO-RATP, qui souhaite rompre le bail. « Si on le laisse aller à son terme, le contrat prévoit 10 millions € d’indemnités pour des travaux » pour un château qui ne vaut selon lui que 2,5 millions.
Le secrétaire général de la CGT-RATP, lui, estime qu’« après 20 ans, il est normal de prévoir une remise en état ». Il réclame donc 4 millions € pour rompre le bail… au comité social et économique (CSE) ! « C’est la totalité du budget colonies de vacances pour les enfants des agents RATP » s’indigne Laurent Djebali. Ce n’est pas pour déranger la CGT, puisque, d’après la Cour des comptes, lorsqu’elle dirigeait le CSE « moins de 13% des salariés [faisaient] appel au CE pour leurs séjours de vacances et, parmi ceux-ci, ce sont les agents les moins défavorisés qui sont le plus nombreux »…
En attendant, ce bail coûte 300 000 € au CSE bien que FO ait fermé le site en arrivant à sa tête. « Ces dépenses mettent en péril les comptes du CSE, mais surtout elles pompent l’argent des salariés » accuse Laurent Djebali. Pour la CGT, ce n’est qu’un « front anti-CGT » à l’approche des élections professionnelles. « À 40 km de Paris, […] faire de la restauration, de l’hôtellerie, c’est une opportunité », avance son secrétaire général ; oui, de opportunité… de dépenser à fonds perdus ! Il est peut-être nostalgique de son époque, quand le site était utilisé pour une fête somptuaire annuelle à 447.000 € en moyenne, un budget géré de manière tout à fait opaque. Un agent détaché de la RATP, qui ne répond qu’aux élus, ne suit aucune procédure, choisit seul les fournisseurs dont certains pratiquent des facturations manifestement abusives, et se dispense de produire les pièces justificatives pour un nombre significatif de transactions », relevait la Cour.
Décidément, avec son château, la CGT mène grand train.
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