La dette publique des États de l’OCDE atteint 61 000 milliards de dollars, un record
La dette publique des pays de l’OCDE continue de croître de manière soutenue. En 2025, l’encours de la dette souveraine s’établit à 61 000 milliards de dollars, contre 55 000 milliards en 2024, soit une hausse de 6 000 milliards en un an. Le ratio de la dette des administrations centrales par rapport au PIB atteint actuellement 83 %, et devrait encore augmenter de 2 points en 2026 pour atteindre 85 %, soit 39 points de pourcentage de plus qu’avant la crise financière de 2008.
Pour mettre cela en perspective, au troisième trimestre 2025, dernier chiffre disponible, le ratio dette/PIB de la France était de 117,4 %. Autrement dit, la dette française dépasse de 34,4 points celle de la moyenne des pays de l’OCDE. En valeur nominale, elle s’élève à 3 482,2 milliards d’euros, soit environ 4 000 milliards de dollars, ce qui représente près de 6,6 % de la dette totale de l’OCDE. Comparativement à d’autres grandes économies européennes, la France se situe au-dessus de l’Allemagne (~4,6 %) ou encore de l’Italie (~5,5 %).
Les emprunts des administrations centrales des pays de l’OCDE ont également fortement augmenté, passant de 12 000 milliards de dollars en 2022 à 17 000 milliards en 2025, et devraient encore progresser de 1 000 milliards en 2026. La majeure partie de ces emprunts sert à refinancer la dette existante : 80 % des emprunts bruts de l’OCDE, soit 13 500 milliards de dollars, sont destinés à ce remboursement. À titre de comparaison, la France a emprunté 300 milliards d’euros en 2025, soit environ 324 milliards de dollars, représentant plus de 2 % des emprunts totaux des pays de l’OCDE.
Cette hausse de la dette et des emprunts s’accompagne de défis importants pour les États. La montée des taux longs, avec un rendement médian de 4,1 % dans l’OCDE et d’environ 4,5 % pour la France sur 30 ans fin 2025, incite les gouvernements à privilégier la dette à court terme (notamment via les bons du Trésor, qui représentent près de 48 % des émissions des Etats de l’OCDE en 2025). Par ailleurs, en 2025, les émissions de dette dépassant 10 ans représentaient leur plus faible part depuis 2009.
Cette stratégie permet de réduire les charges d’intérêts immédiates, mais accroît les risques liés au refinancement, particulièrement pour les pays à forte dette. La France, avec ses 300 milliards d’euros d’emprunts et sa dette abyssale, n’échappe pas à cette dynamique, soulignant l’urgence de stimuler la création de richesse tout en adoptant une gestion rigoureuse et pragmatique.
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