La taxe sur les petits colis fait flop !
L’arme fatale du Gouvernement pour « limiter les importations de produits très bon marché et encourager le recours aux circuits courts et aux commerces de proximité » – c’est-à-dire la taxe de 2 euros par article sur les colis importés de pays hors de l’Union européenne – s’avère être un pétard mouillé.
Deux semaines après sa mise en place, il est possible d’en faire un premier bilan. Les sociétés chinoises, comme Shein, Temu ou AliExpress, principales cibles de cette réglementation, n’ont pas attendu sagement le 1er mars 2026 sans réagir. Au lieu de faire atterrir leurs avions à Paris-Roissy, elles les font se poser dans les aéroports du Bénélux pour acheminer ensuite les colis par voie terrestre jusqu’en France. Environ 50 vols hebdomadaires manquent désormais à l’aéroport parisien, confirme le groupe Aéroports de Paris.
Selon l’Union des entreprises de transport et logistique de France (Union TLF), les déclarations douanières des petits colis à l’aéroport Charles de Gaulle ont chuté de 92% dès le 3 mars, et les vols cargo en provenance de Chine de 60%. L’aéroport de Vatry dans la Marne, spécialisé dans le fret, est quasiment déserté et envisage de licencier. Interrogé par Les Échos, l’aéroport de Liège (Belgique) reconnaît recevoir « une dizaine de rotations par semaine en plus depuis la mise en œuvre de la taxe française sur les petits colis ».
Les quelque 500 millions d’euros que devait rapporter la taxe cette année risquent fort de ne pas être au rendez-vous. Cela n’empêche pas le Gouvernement de s’auto-congratuler : « La croissance [des plateformes chinoises] a été freinée », assure le ministre délégué au Commerce, Serge papin. Il estime que le dispositif « ne leur facilite pas les choses ». « C’est plus compliqué de livrer le Cantal depuis Amsterdam que depuis Roissy », a-t-il ajouté.
Le ministre Papin peut fanfaronner. En attendant, les colis chinois continuent d’arriver, le trafic routier entre la Belgique et la France s’intensifient – et la pollution avec – et la taxe ne rapporte rien.
C’est pourquoi Serge Papin compte sur le droit de douane forfaitaire de 3 euros par article que doit mettre en place l’Union européenne (UE) à partir du 1er juillet, puis sur l’extension de la taxe française (et italienne) à toute l’UE à partir du 1er novembre, pour freiner la déferlante chinoise.
Ces 5 euros n’arrêteront pas les plateformes chinoises qui sont déjà en train de leur chercher une parade. Ils ne sauveront pas le petit commerce de centre-ville. Ils ne feront que pénaliser les consommateurs, à commencer par les plus modestes, comme le font les droits de douane de Trump.
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