Le « made in Europe » pour réindustrialiser le continent
Changement de cap économique : Bruxelles a dévoilé mercredi des propositions en faveur du « Made in Europe », visant à réindustrialiser le continent et à mieux résister à la concurrence chinoise, après des mois de discussions animées au sein des 27. La loi dite d' »accélération industrielle » vise à préserver et décarboner des filières clés qui, à l’image de l’automobile, craignent d’être balayées par la concurrence chinoise, alors qu’elles se débattent déjà avec la transition écologique et les prix élevés de l’énergie.
Cela va passer par l’instauration d’une « préférence européenne », une mesure longtemps restée taboue en Europe en raison de son caractère protectionniste. Dans la pratique, il s’agit d’exiger des entreprises de secteurs jugés stratégiques « un nombre ou un pourcentage de composants critiques originaires d’Europe » lorsqu’elles bénéficient de fonds publics. L’urgence à agir a fini par convaincre les plus réticents, l’Allemagne et les pays nordiques, de se rallier à cette nouvelle doctrine économique défendue avec ardeur par la France, à condition qu’elle soit strictement ciblée.
L’automobile fait bien partie des secteurs visés, de même que les technologies d’énergies décarbonées (panneaux solaires, batteries, pompes à chaleur, centrales nucléaires…). Les industries lourdes sont également ciblées. Le BTP et les constructeurs automobiles bénéficiant de fonds publics devront ainsi se fournir en ciment et en aluminium « Made in EU ».
Le « Made in Europe » pourra toutefois s’étendre à des contenus industriels fabriqués en dehors de l’Union par des filiales d’entreprises européennes. Une quarantaine de pays, dont des partenaires commerciaux majeurs comme le Royaume-Uni, le Canada ou le Japon, pourraient bénéficier de ce traitement de faveur, mais sous de strictes conditions.
L’Union européenne était jusqu’ici la seule des grandes économies à n’édicter quasiment aucune mesure de préférence de sa production locale, avec seulement six mesures sectorielles contre 983 aux Etats-Unis, 315 en Inde, ou 131 au Brésil, indique une étude du think-tank européen Strategic Perspectives sur 2025.
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