La réforme libérale du marché du travail de Milei adoptée par l’Assemblée
La révolution libérale du président argentin, sans précédent dans le monde depuis le duo Thatcher-Reagan de 1980, a franchi une nouvelle étape malgré l’opposition des syndicats et un mouvement de grève. Les députés argentins ont adopté dans la nuit de jeudi à vendredi la loi sur la réforme de la législation du travail voulue par le président Javier Milei.
Amendée par la chambre basse, qui l’a adoptée par 135 voix contre 115 après presque 11 heures de débats, la loi dite de « modernisation du travail » doit désormais retourner au Sénat pour approbation définitive, étape que le gouvernement espère franchir la semaine prochaine. Le président Milei s’est félicité du résultat du vote des députés, affirmant que la réforme « est destinée à en finir avec plus de 70 ans de retard dans les relations du travail des Argentins ».
Le mouvement de grève a été largement suivi dans les transports aériens et ferroviaires, ainsi que par les bus. A Buenos Aires, les aéroports et les gares étaient vides. Aerolineas Argentinas avait annoncé plus de 250 vols annulés. La capitale a offert un visage contrasté : trafic de voitures plus dense qu’à l’accoutumée mais des arrêts de bus, d’habitude bondés, vidés. Et une grande majorité de commerces ouverts, bien que certains privés d’employés, à cause du manque de transports publics.
Projet-clé de la seconde moitié du mandat de M. Milei, la réforme facilite les licenciements, réduit le barème d’indemnités, rend possible l’extension de la journée de travail jusqu’à 12 heures, étend les services dits « essentiels » en cas de grève et autorise le fractionnement des congés. Pour l’exécutif, ce texte va permettre de doper l’embauche dans une économie qui compte plus de 40% d’emploi informel. Notamment en freinant ce que le gouvernement dénonce comme « l’industrie des procès », une judiciarisation à outrance du monde du travail.
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