Quand la France mobilise 2,5 milliards d’euros pour l’IA, les Gafam en mettent 600 sur la table
Alphabet (Google, YouTube), Amazon, Meta (Facebook, Instagram) et Microsoft prévoient de dépenser, à eux quatre, environ 600 milliards de dollars (Md$) dans l’intelligence artificielle (IA) en 2026. C’est 240 Md$ de plus que l’année dernière (+150%). C’est aussi 1,6 Md$ par jour !
Amazon a déclaré vouloir investir 200 Md$, Alphabet 185 Md$, Meta entre 115 et 135 Md$, Microsoft plus de 100 Md$. Les marchés ont réagi en faisant baisser le cours de ces valeurs en bourse. Il faut dire que ces chiffres donnent le tournis et annoncent, dans un premier temps, un accroissement de l’endettement de ces entreprises plutôt que de leurs bénéfices. A ce jour, en effet, ce sont les vendeurs de puces, comme Nvidia, qui profitent le plus de la construction des data centers.
En réalité, les Gafam procèdent ici comme elles l’ont toujours fait : elles investissent massivement pour tenter d’écraser la concurrence et mettre au point LE produit qui s’imposera partout dans le monde, ou presque.
Alors, quand le gouvernement français, avec sa stratégie nationale pour l’intelligence artificielle, affirme que « la France se positionne désormais parmi les leaders mondiaux dans le domaine de l’intelligence artificielle » en y consacrant « près de 2,5 milliards d’euros (Md€) du plan France 2030 », il est tentant de sourire. Même les 109 Md€ (environ 129 Md$) d’investissements privés promis par le président de la République lors du « Sommet pour l’action sur l’IA » qui s’est tenu à Paris les 10 et 11 février 2025, font pâle figure. Et le nouveau sommet qui aura lieu vendredi 20 février en Inde ne devrait pas changer fondamentalement la donne.
Reconnaissons cependant que l’écosystème français de l’IA n’est pas nul. Comme viennent de le révéler France Digitale et Sopra Steria Ventures avec leur « Mapping 2026 des startups Françaises de l’IA », notre pays compte « 1 114 startups développant des produits ou services intégrant de l’IA, ou des infrastructures socles ». C’est plus que l’Allemagne (935).
Les 16 Md€ de fonds que ces startups ont levés depuis leur création ne sont pas négligeables, mais ne semblent pas suffisants pour faire la différence. Ce n’est pas non plus Mistral AI, notre champion tricolore, qui peut la faire, même s’il vient d’annoncer un investissement de 1,2 Md€ dans un projet de data center en Suède.
La recette est archi connue : si nous voulons que nos startups et nos « décacornes » de l’IA tirent leur épingle du jeu dans la compétition mondiale, il est urgent de lever les freins à l’innovation qui perdurent en France et en Europe : inflation normative, lourdeur administrative, fiscalité élevée, manque de fonds de pension…
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