Éducation à l’alimentation : mais de quoi se mêlent nos députés ?
Comme l’a montré Philippe Nemo dans son dernier ouvrage sur l’Éducation nationale, l’école française n’est plus centrée sur la transmission des savoirs fondamentaux. La baisse du niveau scolaire est largement partagée par les professeurs et documentée dans les classements internationaux.
Nos députés persistent toutefois à utiliser l’école comme terrain pour leurs expérimentations sociales et lubies en tout genre. Dernier exemple en date : la proposition de loi qui instaure un enseignement à l’alimentation obligatoire, qui a été adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale le 16 février. Elle prévoit d’inscrire « durablement le bien manger au cœur du projet républicain de formation du citoyen » et d’introduire, pendant trois ans, une éducation à l’alimentation « à titre expérimental » dans les académies et collectivités volontaires.
Les choses ont le mérite d’être claires : l’objectif n’est pas d’améliorer le niveau scolaire ni d’instruire les élèves, mais de former de bons petits citoyens qui savent manger correctement. La députée Ensemble pour la République (EPR) Olivia Grégoire, qui a défendu le texte, s’est félicitée de son adoption : chaque enfant pourra ainsi apprendre « à bien manger », comprendre « ce qu’il mange et d’où cela vient ». Ne devraient-ils pas plutôt apprendre à lire, à écrire et à compter correctement ? Faut-il mobiliser du temps supplémentaire dans leur agenda pour leur parler de quelque chose qui relève avant tout de la responsabilité des parents ?
À quoi sert cette loi ? On se le demande : les professeurs peuvent déjà conduire des projets d’éducation à l’alimentation s’ils le souhaitent. Elle n’a, en tout cas, certainement pas vocation à résoudre les vrais problèmes de l’école.
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