Jack Lang ou la gauche caviar qui n’a jamais de remords
« Non, rien de rien/Non, je ne regrette rien »… Jack Lang aurait pu s’approprier ces paroles de la célèbre chanson d’Edith Piaf. Dans une interview pleine page accordée à La Tribune Dimanche et intitulé « Pourquoi aurais-je des regrets ? », l’ancien ministre, éclaboussé par l’affaire Epstein, écarte tout lien étroit avec le pédocriminel américain et se défend d’avoir, selon ses propres termes, « joué le rôle d’intermédiaire ». Il reconnaît pourtant l’avoir côtoyé en plusieurs occasions et même l’avoir invité à son propre anniversaire en septembre 2017… alors que de forts soupçons commençaient à peser sur les activités de l’homme d’affaires. Il l’a aussi aidé à trouver une maison à Marrakech, entre autres échanges de services. Les liens entre sa fille et Epstein sont avérés, d’ailleurs ils ont fondé ensemble une société offshore aux Iles Vierges, mais c’était juste pour « créer un fonds afin d’acheter les œuvres de jeunes artistes »… On le sait, Jack a toujours été un amoureux et un protecteur de l’art et des artistes mais on sait aussi qu’Epstein était un « spécialiste des paradis fiscaux ». Et alors ? Jack Lang affirme être au-dessus de toutes ces histoires : « Je n’appartiens pas à ces mondanités et je n’ai pas le goût de l’argent ». C’est peut-être pour cela qu’il répugne à s’en servir, préférant considérer comme des dons gracieux, par exemple, les costumes de chez Smalto (195 000 euros), ou payer traiteurs et restaurateurs avec des ardoises. Avant qu’explose l’affaire Epstein, Lang, 86 ans, restait accroché comme une moule à un rocher au poste de directeur – confortablement rémunéré – de l’Institut du monde arabe. Démissionnaire, il regrette de quitter cette maison car, déclame-t-il, je « l’ai dans ma chair, dans mon âme, dans ma mémoire… » mais s’y résigne par noblesse : « Un tsunami de mensonges, de ragots et de colportages s’est déversé à travers les médias, une sorte de tempête de boue. Et je ne voulais pas que l’Institut que j’aime soit victime de cette situation. C’est tout. »
Drapé dans sa cape mitée et sa dignité offensée, l’antique star reprend un rôle très gauche caviar : jamais coupable, jamais responsable.
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