Chef-d'œuvre de Horta à Bruxelles, sa maison-atelier fait peau neuve
Du sol en mosaïque à la verrière de la cage d'escalier principale, en passant par les boiseries et éléments de ferronnerie, tout a été conçu dans un accord de coloris rouille, orange et beige qui frappe d'emblée le visiteur.
Avec cet art des arabesques et des courbes qui a fait la réputation mondiale de l'architecte (1861-1947).
"On est dans un intérieur complètement orchestré, une oeuvre d'art totale", s'enthousiasme Benjamin Zurstrassen, conservateur du lieu devenu un musée en 1969, après son rachat par la commune bruxelloise de Saint-Gilles.
La restauration en cours, la troisième, revient à "prendre soin d'une vieille dame de 130 ans", poursuit le conservateur, rappelant que Horta a vécu là vingt ans au tout début du 20e siècle.
Il avait acquis en 1898 deux parcelles mitoyennes pour ériger au même endroit ses lieux de vie et de travail.
Le chantier est exceptionnel par le nombre de spécialistes appelés à intervenir: menuisiers, peintres, restaurateurs de verre, de pierre ou de textile etc.
"On a rarement eu une telle concentration de corps de métier", lâche M. Zurstrassen.
Atout touristique
Le jour où une équipe de l'AFP est conviée à la visite, une restauratrice de sculptures s'emploie à gratter au scalpel la couche de peinture grise rajoutée dans les années 60-70 sur les bas-reliefs décorant la salle à manger, pièce centrale de l'étage de réception.
Il s'agit de "retrouver la première touche picturale commune aux six bas-reliefs", explique Marianne Decroly... Dans un ton blanc ou blanc crème bien plus en harmonie avec les briques émaillées des murs et du plafond.
Pour accéder aux reliefs placés en hauteur, il a fallu installer un échafaudage d'intérieur et vider la pièce de son mobilier. L'intervention exige concentration et précision.
"En dessous de cette couche grise un peu triste, on retrouve vraiment la qualité de ces reliefs grâce à cette peinture un peu brillante" correspondant à la finition d'origine, ajoute la restauratrice.
Aujourd'hui, le Musée Horta est un des quatre bâtiments bruxellois de l'architecte classés au patrimoine mondial de l'Unesco, dont la capitale belge a fait un de ses atouts pour attirer les touristes du monde entier.
La restauration, d'un coût total de 800.000 euros, financée sur des fonds régionaux, concerne dans un premier temps la façade côté rue et l'intérieur de la maison.
Elle doit s'étendre à partir de 2027 à l'aménagement d'un nouvel espace d'accueil dans l'ancien atelier. Un accès au jardin est également prévu.
Le musée reste accessible au public pendant les travaux, sur réservation préalable.
Des visites guidées sont possibles en présence des artisans pour montrer leur travail.
