L’État récupère 45 millions d’euros destinés à la formation des agents territoriaux
Piquer l’argent dans les caisses est un exercice pratiqué par tous les gouvernements, quelle que soit leur couleur politique. L’Unedic (assurance chômage) se fait ainsi faire les poches dès qu’elle arrive à dégager un peu d’argent pour rembourser sa dette. C’est le cas également de l’Agirc-Arrco (retraites complémentaires) dont les excédents sont régulièrement convoités. Les exemples de ce type sont légion.
Ils sont aussi particulièrement délétères dans la mesure où ils encouragent la mauvaise gestion. A quoi bon, en effet, gérer son institution en bon père de famille si, au final, l’État vient récupérer ce qui a pu être mis de côté pour réduire la dette, faire des investissements, anticiper un coup dur ou encore baisser les cotisations. Avec ce genre de comportement, l’État impécunieux finit, à la longue, par corrompre l’ensemble de la société. Si vous ne voulez pas qu’il vous dépouille, comportez-vous comme lui : dépensez sans compter et endettez-vous !
Le gouvernement de Sébastien Lecornu ne déroge pas à la règle et entend bien ponctionner le Centre national de la Fonction publique territoriale (CNFPT). Dans le budget 2026 adopté il y a quelques jours, il a plafonné ses recettes à un peu moins de 397 millions d’euros (M€) et organisé le transfert, à son profit, du produit des cotisations des collectivités supérieur à ce plafond, soit environ 45 M€.
Bien entendu, les collectivités locales dénoncent ce racket. Elles affirment qu’affaiblir financièrement le CNFPT, « c’est compromettre la capacité des collectivités locales » à former leurs agents alors qu’elles « se voient confier de nouvelles compétences et doivent répondre aux enjeux de multiples transitions ».
Il nous semble que c’est faire grand cas du CNFPT. Régulièrement épinglé par la Cour des comptes pour sa gestion calamiteuse des deniers publics, en particulier pour sa politique laxiste en matière de ressources humaines (absentéisme, avantages en nature indus, privilèges syndicaux, etc.), il est aussi critiqué par ses « clients », c’est-à-dire les collectivités locales, pour son manque d’efficacité.
En fait, les collectivités pourraient très bien se passer de cet organisme qui reçoit des fonds pour ensuite les redistribuer. Un système coûteux qui ne profite pas nécessairement aux plus petites structures comme on voudrait nous le faire croire, mais avant tout à ses quelque 2500 agents.
Les collectivités n’ont pas besoin du CNFPT pour former leurs agents. Si elles considèrent que la formation du personnel est un investissement indispensable, elles doivent être capables de la financer sur leur budget. Elles, qui se plaignent régulièrement de la baisse des dotations de l’État, pourraient ainsi récupérer ce que le CNFPT coûte chaque année en frais de fonctionnement… bien plus que les 45 M€ dont l’État veut s’emparer.
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