Voir et revoir
Chaque semaine, Philippe Lacoche nous donne des nouvelles de Picardie…
Faut-il revoir une œuvre, un spectacle, une pièce qu’on a aimés ? Faut-il relire un livre qu’on a adoré ? C’est la question que nous nous sommes posés, la Sauvageonne et moi, en ce gris dimanche de février. Fallait-il nous rendre à la Comédie d’Amiens pour assister à la célèbre pièce Le Dîner de cons, de Francis Veber, créée en 1993 au Théâtre des Variétés à Paris, et adaptée au cinéma en 1998 sous le même titre et par le même auteur ? Nous n’avons pas hésité longtemps. Oui, bien sûr. Nous avions en tête les jeux de Jacques Villeret (François Pignon), Thierry Lhermitte (Pierre Brochant), Daniel Prévost (Lucien Cheval). Epatants, inimitables, magnifiques. De plus, la présente adaptation réalisée par la metteuse en scène Louise Cassin à la suite d’une commande de Bruno Romier, directeur de la Comédie d’Amiens, proposait une nouvelle distribution : Loïc Lacoua (François Pignon) ; Arthur Loisel (Pierre Brochant) ; Auguste Lagdirir (Juste Leblanc) ; Mathilde Perrin (Marlène), Louise Cassin (Christine) ; Arthur Bouilly (Dr Archambaud et Lucien Cheval). Nous n’avons pas regretté notre déplacement. Comédiens de grand talent ; mise en scène efficace, limpide et virevoltante.
« Il faut savoir qu’il y a deux versions : le film et la pièce », explique Louise Cassin. « J’ai procédé à des ajouts très légers. On s’est rendu compte que la pièce était assez différente du film. La première dure deux heures et demie ; le second, une heure quarante. Dans la pièce, les personnages féminins sont beaucoup plus importants qu’ils ne le sont dans le film. En ça, on s’est rapprochés de l’esprit du long-métrage car on ne voulait pas perdre les gens qui, en grande majorité, avaient d’abord vu le film. Dans la pièce de base, le personnage de Marlène est beaucoup plus important que sur grand écran ; elle raconte son voyage en Inde. Elle est victime d’une sorte d’agression. Elle flirte avec François Pignon ; nous avons occulté ce passage car j’ai eu peur qu’on nous reproche de nous être approprié l’œuvre. » Etrangement, la troupe n’a pas de nom. « L’année dernière, le directeur de la Comédie d’Amiens, Bruno Romier, nous avait commandé Le Prénom que j’avais mise en scène. On a repris la même équipe et on a engagé Arthur Bouilly qu’on a découvert pour ce projet. Par ailleurs, on travaille sur d’autres projets théâtraux ; quelques-uns font un peu de cinéma. On est tous basés à Paris. Je connaissais Bruno Romier. Je l’ai rencontré il y a trois ans. Il m’avait engagée pour une pièce ; puis, il a eu l’idée de faire Le Prénom et Le Dîner de cons. La première de cette pièce a été donnée ici le 25 décembre 2025, puis on l’a jouée ici quinze fois. Aujourd’hui, ça devait être la dernière mais il y aura deux dates supplémentaires le 29 mars et le 16 avril. On espère qu’en 2026-2027, on reviendra jouer la pièce ici ; on espère aussi faire une tournée. »
Des projets, ces jeunes comédiens n’en manquent pas. Louise Cassin et Arthur Loisel jouent à Paris, à la Grande Comédie, la pièce Pourquoi les filles aiment les connards ? Loïc Lacoua, on le retrouve dans le rôle d’Al Capone, à Paris, au Théâtre des 3 Clés. Ces jeunes gens n’ont pas peur du grand écart ; c’est une qualité.
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