Dépenses publiques : la tromperie de Sébastien Lecornu
« Budget de l’État 2026 : des dépenses publiques en baisse », a publié Sébastien Lecornu sur le réseau social X. Le Premier ministre français s’est ainsi réjoui du projet de loi de finances pour 2026. Il évoque « 9 milliards d’euros d’économies », une « baisse de la dépense publique en proportion du PIB », un « effort inédit de tous les ministères et agences (hors Intérieur, Justice et Armées) », ainsi qu’une « réduction de 20 % des dépenses de communication des ministères et opérateurs », soit 300 millions d’euros. Ces chiffres pourraient donner l’impression que l’État semble enfin décidé à maîtriser ses finances publiques. Pourtant, une économie de 9 milliards d’euros reste très insuffisante au regard de la dette publique, qui atteint aujourd’hui 3 482,2 milliards d’euros.
Et y regardant de plus près, il apparaît que Sébastien Lecornu ne présente pas la situation dans son ensemble et omet un élément central : la dépense publique continue d’augmenter en valeur nominale. Même si, hors crédits d’impôt, la progression des dépenses est moins rapide entre 2025 et 2026 qu’entre 2024 et 2025, elle demeure en réalité largement positive. Selon la lecture définitive du projet de loi de finances pour 2026, les dépenses publiques passeront ainsi de 1 697 milliards d’euros en 2025 à 1 733 milliards d’euros en 2026, soit une augmentation de 36 milliards d’euros sur un an !
Dans le détail, les dépenses des administrations publiques centrales, hors crédits d’impôt, passent de 664 milliards d’euros en 2025 à 681 milliards d’euros en 2026 (+17 milliards). Celles des administrations publiques locales augmentent aussi, de 336 milliards d’euros en 2025 à 341 milliards d’euros en 2026 (+5 milliards). Celles des administrations de sécurité sociale progresseront de 805 milliards d’euros en 2025 à 821 milliards d’euros en 2026 (+16 milliards).
Le taux de prélèvements obligatoires augmentera lui aussi, passant de 43,6 % en 2025 à 43,9 % en 2026. Cette évolution montre que, malgré les annonces d’économie, l’État demande toujours davantage de contributions aux Français pour financer ses dépenses.
Autrement dit, lorsque le Premier ministre parle d’une baisse des dépenses publiques, il se réfère uniquement à leur part dans le PIB. Il oublie (ou fait exprès d’oublier) de mentionner la hausse en valeur nominale, qui signifie clairement qu’en euros, la France continuera à dépenser davantage cette année.
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