Face aux défaillances du système public de santé, le privé s’impose
La santé en entreprise fait face à des tensions structurelles. Selon un rapport d’Howden, groupe mondial d’assurance, l’inflation médicale prévue en 2026 atteindra 5 % en France, bien au-dessus de l’inflation générale, estimée à 1,5 %. Pour les entreprises, cela représente un poids considérable, car elles consacrent déjà 3 à 5 % de leur masse salariale aux régimes de santé obligatoires. Absorber ces hausses devient donc un véritable défi.
Cette pression financière s’ajoute aux inégalités d’accès aux soins publics. En Europe, 21 % des salariés attendent plus d’un mois pour un premier rendez-vous médical. En France, certaines spécialités, comme la dermatologie ou la stomatologie, deviennent difficiles d’accès, surtout dans les zones rurales. Dans ce contexte, la téléconsultation et le recours aux services privés offrent des alternatives rapides et efficaces. Selon le rapport, dans le monde, « 51% des salariés s’appuient désormais exclusivement sur le système de santé privé pour leurs traitements les plus sérieux ». Là où l’État montre ses limites, le privé intervient en apportant des solutions concrètes et immédiates.
Autre enjeu croissant pour les entreprises, la santé mentale. A l’échelle mondiale, 49 % des salariés ont eu recours à un soutien psychologique, mais 18 % hésitent à utiliser les dispositifs proposés par leur employeur, par crainte de stigmatisation (38 %), d’impact sur leur carrière (39 %) ou de manque de confidentialité (38 %). Comme le souligne le rapport, « Si l’État renforce les dispositifs publics en France (Mon Soutien Psy) ils ne couvrent pas toujours l’intégralité des coûts, en particulier dans les grandes villes où les tarifs sont plus élevés. Par conséquent, les employeurs doivent souvent financer des séances supplémentaires ou des dispositifs plus complets. »
Dans ce contexte, la complémentaire santé est un facteur clé de performance économique. La presque totalité (90 %) des employeurs estime qu’elle répond aux besoins des salariés, 74 % qu’elle favorise la fidélisation, 63 % qu’elle maximise la productivité et 55 % qu’elle attire de nouveaux talents. Pour les salariés, l’impact est tout aussi significatif : 60 % considèrent qu’un bon régime de santé influence leur fidélité à l’entreprise et 49 %, qu’il guide le choix de leur employeur. La santé n’est pas un privilège, mais un investissement stratégique. Le privé joue ici un rôle essentiel, en rendant la santé accessible tout en garantissant une efficacité économique durable.
The post Face aux défaillances du système public de santé, le privé s’impose first appeared on Contrepoints.
