Rapport sur l’égalité salariale : il n’y a rien à déconstruire
Le 27 janvier, les députées Virginie Duby-Muller (LR), Agnès Firmin-Le Bodo (Horizons) et Karine Lebon (GDR) ont présenté un rapport sur l’égalité salariale, préalable à la transposition – qui doit se faire avant le 7 juin prochain – de la directive européenne sur la transparence salariale, adoptée le 10 mai 2023.
Les députées rappellent qu’entre 1995 et 2023, l’écart de revenu salarial a diminué d’un tiers entre hommes et femmes. Elles ajoutent quelques statistiques : en 2023 dans le secteur privé, le revenu salarial moyen des femmes était inférieur de 22 % à celui des hommes, notamment à cause d’un moindre volume de travail (davantage de temps partiel). Lorsqu’elles ont un temps de travail identique à celui des hommes, l’écart s’élève à 14,2 % du fait d’une « répartition genrée des professions » disent-elles. À poste identique, dans la même tranche d’âge et au sein d’une même entreprise, il est encore d’environ 4 %, ce qui, selon les députées, correspond à une « discrimination pure ».
Sur ce dernier point, on pourrait leur rétorquer que ce n’est pas parce qu’un écart paraît inexpliqué qu’il n’est pas explicable. Nos députées ignorent probablement l’état de la recherche scientifique sur les différences psychologiques entre hommes et femmes. Celle-ci montre que les femmes sont en moyenne plus accommodantes (agreeableness) que les hommes, un trait psychologique qui les rend certainement moins offensives lors d’une négociation salariale, et moins enclines à demander une augmentation – ce qui expliquerait l’écart résiduel de 4 %.
La directive européenne sur la transparence salariale a beau imposer de nouvelles obligations aux entreprises, les députées craignent que cela ne suffise pas pour mettre fin à une prétendue injustice systémique. Elles recommandent de déterminer « la valeur égale en comparant non pas les fonctions, mais les qualités mobilisées et les contraintes subies dans l’exercice des fonctions » pour « revaloriser les métiers féminins sous-évalués » et « attribuer aux femmes des salaires à la hauteur de leur contribution à la sphère économique et sociétale ». Mmes Duby-Muller, Firmin-Le Bodo et Lebon vivent-elles dans une réalité économique parallèle pour croire qu’elles peuvent se substituer au marché ?
Dans leur rapport, elles proposent des obligations supplémentaires : « consacrer un budget dédié à la résorption des écarts », « indiquer une fourchette de rémunération dans les annonces d’offres d’emploi », « l’interdiction de demander les salaires actuels ou antérieurs afin de ne pas perpétuer les inégalités », ou encore fixer l’écart maximum de la fourchette pour éviter de « proposer des salaires beaucoup plus faibles aux femmes qu’aux hommes ». Cerise sur le gâteau : une hausse du nombre de fonctionnaires avec le renforcement des effectifs de l’Inspection du travail.
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