Les bienfaits pour la santé des biotechnologies et des OGM
Les organismes génétiquement modifiés, plus communément désignés par le sigle OGM, ont mauvaise réputation en France comme dans beaucoup de pays occidentaux. Pourtant, nous allons le voir, cette mise à l’index est non seulement irrationnelle, mais contre-productive.
Dans plusieurs articles publiés sur notre site, nous avons étudié les aspects positifs des organismes génétiquement modifiés (OGM), des biotechnologies végétales et plus largement de l’édition génomique et des nouvelles techniques génomiques (NGT). Ces articles se sont concentrés sur les aspects économiques et environnementaux (meilleur rendement, baisse de l’utilisation de produits phytosanitaires, etc.) mais n’ont pas insisté sur ce que les biotechnologies végétales peuvent apporter à la santé humaine. Loin d’avoir des effets négatifs, elles offrent une myriade de possibilités pour améliorer l’apport nutritionnel des aliments et combattre certaines maladies.
Les fausses peurs sur les OGM
La peur des OGM, alimentée par des ONG écologistes et des médias militants, ne s’appuie sur rien de concret. La Commission européenne, entre 2001 et 2010, a investi 200 millions d’euros pour évaluer ces technologies : cinq cents groupes d’experts ont conclu à une absence de risques par rapport aux « méthodes conventionnelles ». Le média les électrons libres revient sur les fausses informations qui circulent, notamment à propos de la santé. Sur plus de 3 000 études différentes, aucune n’a détecté de risque sanitaire et cancérigène, et sur plus de 1 000 études, de risques allergènes. Dans une évaluation publiée fin-août, l’EFSA conclut qu’aucune des études extraites de la recherche bibliographique qu’elle a menée concernant les NGT ne présente de nouveaux dangers ou de risques non pris en compte auparavant dans ses avis scientifiques.
« L’essence même du vivant est sa plasticité »
Catherine Regnault-Roger, professeur émérite à l’université de Pau et des Pays de l’Adour, membre de l’Académie d’agriculture de France et de l’Académie nationale de pharmacie, expliquait dans un entretien accordé à l’IREF-Contrepoints qu’un « maïs génétiquement modifié ne diffère pas des autres maïs sur le plan nutritionnel, et il existe des réglementations « Novel foods » dans divers pays dont le but est de s’assurer que les nouveaux aliments autorisés à la commercialisation le sont en parfaite sécurité alimentaire. » Revenant sur les inquiétudes concernant la « déformation du vivant », elle rappelle une évidence, à savoir que « l’essence même du vivant, c’est sa plasticité, son adaptation aux changements qui sont continuels pour faire face aux évolutions de son environnement ».
Pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il est improbable que les plantes OGM commercialisées présentent un quelconque risque pour les humains. Il n’a jamais été scientifiquement démontré que leur consommation par le grand public, dans les pays où elles ont été homologuées, ait eu un quelconque effet délétère. Jean-Paul Oury, dans son livre Greta a tué Einstein, le rappelle : « Après trente années de mise aux champs, aucun retour d’expérience négatif n’a jamais pu être tiré de l’ensemble des études menées sur les OGM. » (p. 21) L’OMS va jusqu’à affirmer, dans un rapport de 2005 intitulé « Biotechnologie alimentaire moderne, santé et développement », que les aliments génétiquement modifiés peuvent même renforcer la santé et le développement.
Lutte contre la malnutrition et les carences
Catherine Regnault-Roger apporte d’autres informations passionnantes. « Les biotechnologies végétales, dit-elle, permettent aussi de produire des plantes alimentaires biofortifiées. Elles sont modifiées pour accroître la valeur nutritive des parties comestibles (graines, fruits, tubercules et/ou feuilles) ou pour améliorer leur profil nutritionnel en augmentant les teneurs de nutriments recherchés et en diminuant celles de composés indésirables. Ainsi il existe des huiles de soja OGM avec plus d’acides gras polyinsaturés mais le plus bel exemple de plante alimentaire OGM biofortifiée est celui du riz doré, un riz génétiquement modifié pour produire de la provitamine A et lutter ainsi contre une cécité précoce qui affecte de nombreux enfants, une maladie très présente dans les pays en développement. Les NGT produisent aussi des plantes au profil nutritionnel amélioré : parmi les premiers produits commercialisés, en 2021, la tomate japonaise, la Sicilian Rouge high Gaba, une nouvelle variété. Elle est conçue pour contenir des niveaux élevés de l’amino-acide Gaba (acide gamma-aminobutyrique) qui favoriserait la relaxation et contribuerait à abaisser la tension artérielle ».
Il existe de nombreux exemples de cultures OGM et NGT qui peuvent améliorer la nutrition des humains. En 2020, des chercheurs indiens sont parvenus à modifier le gène d’une banane afin de créer une nouvelle variété qui serait six fois plus riche en vitamine A. Une excellente nouvelle pour les enfants de familles pauvres quand on sait qu’environ 500 000 d’entre eux dans le monde, selon l’OMS, deviennent aveugles tous les ans à cause d’une grave carence en vitamine A. En Israël, des scientifiques ont développé, grâce à l’édition génomique CRISPR, une variété de laitue riche en vitamine A mais aussi en vitamine C (6,9 fois plus !) qui renforce le système immunitaire et l’absorption du fer. En 2024, l’USDA (département de l’Agriculture des États-Unis) a accordé une exemption pour la culture d’un soja génétiquement modifié à très haute teneur en protéines : + 25 % par rapport au soja classique. L’équipe de recherche de l’entreprise Del Monte, qui produit des ananas, travaille sur la manière de rendre ces fruits plus riches en antioxydants, via le génie génomique.
Enfin, des bananes qui ne noircissent pas !
La lutte contre la malnutrition passe aussi par une meilleure conservation des aliments. Revenons à la banane : elle devient très vite noire, et l’entreprise britannique Tropic Bioscience s’est attaquée à cet inconvénient ; elle va lancer des bananes qui ne brunissent pas et dont la durée de conservation est prolongée. Aux Etats-Unis, la société Okanagan Fruits a produit des pommes « Arctic » dont la chair reste claire après la coupe, grâce à la modification de deux gènes. Toujours en Amérique, une pomme de terre OGM qui peut être conservée plus longtemps, et à des températures plus basses, a vu le jour en 2024.
Tous ces exemples montrent que la recherche bat son plein pour améliorer les qualités nutritionnelles et de conservation des produits agricoles. Certaines nouvelles techniques permettent aussi d’améliorer les rendements, condition indispensable pour lutter efficacement contre la malnutrition. On le voit en Afrique du Sud, où en moyenne 4,6 millions de rations supplémentaires (par rapport au maïs non OGM) de maïs blanc OGM sont commercialisées tous les ans. En Espagne et au Portugal, en vingt ans d’exploitation du maïs Bt, c’est un supplément de 1,89 millions de tonnes qui a été produit.
Les biotechnologies sont le futur de la santé
L’édition du génome ne se limite pas aux fruits, aux féculents ou aux légumes, il peut aussi profiter directement à l’être humain ! Dans son édition n° 37 du 3e trimestre 2025, la revue Biotechnologies végétales info consacre un article aux biotechnologies One Health qui traitent les cancers du sang et la bêta-thalassémie. Pour les cancers du sang, on injecte des cellules modifiées qui vont combattre et détruire les cellules cancéreuses. Cette thérapie est autorisée depuis 2018 en Europe, pour les enfants et les jeunes adultes. Selon l’article, elle illustre « le potentiel immense de l’édition de gènes pour traiter des maladies jusque-là incurables. » La bêta-thalassémie, maladie génétique du sang, nécessite des transfusions sanguines régulières. Ici, le procédé consiste à « prélever les cellules souches de la moelle osseuse du malade puis à les modifier in vitro grâce à un vecteur viral qui insère dans les cellules une version fonctionnelle du gène de la bêta-globine, indispensable à la production d’hémoglobine, et à les réinjecter au patient ». Ainsi, les patients peuvent diminuer drastiquement, voire arrêter, les transfusions, car ils produisent eux-mêmes de l’hémoglobine efficace. Cette thérapie est vitale pour ceux qui doivent subir une greffe de moelle osseuse et pour lesquels il n’y a pas de donneur compatible.
Alain Bonjean, administrateur de l’AFBV (Association française des biotechnologies végétales) estime qu’en santé humaine et animale, « les biotechnologies facilitent la production de biomédicaments, de vaccins et ouvrent la voie à des thérapies cellulaires ou géniques, permettant de traiter des maladies auparavant incurables ». Voilà tout l’apport qu’auront les biotechnologies végétales : mieux nous nourrir, nous aider à rester en bonne santé et mieux soigner les maladies graves. Tout le contraire de ce que nous vendent les marchands de peur écologistes.
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