Un week-end à Bruxelles : la Brafa 2026 toujours plus éclectique
L’an dernier, la Brafa fêtait ses soixante-dix ans d’existence avec l’éclat requis pour une édition anniversaire, à la hauteur des 72 000 visiteurs qui avaient alors franchi les portes de Brussels Expo. Cette année, Klaas Muller, le président de la prestigieuse foire d’art, l’annonce d’emblée : "Après ce véritable succès, nous avons choisi de ne pas nous reposer sur nos lauriers et d’introduire toujours plus de nouveautés". Le rendez-vous s’enrichit ainsi de 19 nouvelles galeries, dont la moitié implantée en Belgique, pour atteindre les 147 exposants issus de 18 pays.
Parmi eux, dans le rôle de l’invité d’honneur, la Fondation du Roi Baudouin, qui fête son jubilé, présente plusieurs pièces emblématiques de ses collections. De découvertes archéologiques à l’art moderne, de la dentelle aux bijoux, de la peinture au design, l’institution philanthropique, dédiée à la préservation et à la valorisation du patrimoine belge, s’inscrit parfaitement dans l’éclectisme revendiqué par la Brafa, qui en a d’ailleurs fait sa signature au fil des décennies.
Les maîtres anciens, le mobilier et les arts décoratifs
Cette saison encore, les tendances actuelles du marché de l’art sont représentées à travers trois grandes thématiques : les maîtres anciens, le mobilier et les arts décoratifs, les objets iconiques et "pièces conversationnelles" - autrement à forte identité visuelle. Dans la première catégorie, figure en tête de gondole la plus ancienne entité familiale du monde de l’art, Douwes Fine Art B. V., fondée en 1770 aux Pays-Bas, qui expose, parmi d’autres œuvres rares, un intérieur d’église du XVIIe siècle d’Emanuel de Witte et un autoportrait sur papier de Rembrandt, sur lequel devrait se braquer l’œil averti des collectionneurs. Côté design, on remarquera les essences rares du modernisme brésilien, courant phare mis en lumière par le marchand belge Laurent Schaubroeck avec, ici, une version inédite des années 1960 du banc en palissandre Mucki, création emblématique du corpus de Sergio Rodrigues.
Les pièces spectaculaires de la troisième thématique se retrouvent, quant à elles, dans plusieurs stands, dont celui de la Carlucci Gallery (Italie), qui dévoile un somptueux cabinet romain orné de matériaux précieux et dissimulant des tiroirs secrets. Nul doute que le visiteur s’arrêtera aussi dans l’antre de la Guy Pieters Gallery pour admirer l’une des 300 exemplaires de la Terre Bleue d’Yves Klein, un globe terrestre entièrement imprégné du fameux pigment ultramarin qui a fait la renommée de l’artiste niçois.
Ces œuvres d’art font toutes partie des traditionnels hightlights - ou points forts - mis en avant par la Foire. L’art contemporain y tient d'ailleurs une place de choix, à l’instar des compositions aussi poétiques qu’irrévérencieuses de la plasticienne Hélène Delprat et des empreintes colorées de Claude Viallat, pilier du groupe Support Surface, deux artistes représentés par la galerie française Christophe Gaillard, dont l’antenne bruxelloise fait face au chantier du KANAL-Centre Pompidou, place de l’Yser, destiné, lors de son ouverture en novembre prochain, à devenir le plus grand centre d’art de la métropole. Avec cette réunion à la diversité assumée en ouverture du calendrier des foires qui se déploieront tout au long de 2026, la Brafa espère affirmer sa position de baromètre majeur en Europe d’un marché de l’art mondial en perpétuelle mutation.
