Roland Lescure et la surtaxe du désespoir
Roland Lescure ne veut pas lâcher sa surtaxe sur les grandes entreprises. Malgré la suppression de la mesure par le Sénat, le ministre de l’Économie insiste pour la réintroduire dans le projet de loi de finances 2026, affirmant sur les antennes de Franceinfo que « ça fera partie des discussions qu’on aura dans les jours qui viennent » et se déclarant « convaincu » de la nécessité de cette surtaxe. Une obstination qui frôle l’aveuglement face au reste de la situation du pays. En effet, il semble plus difficile pour le gouvernement de revoir les dépenses publiques à la baisse que d’enfoncer le pays dans l’inflation des taxes, coûtant très cher à notre productivité.
Pour rappel, cette surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises était initialement été prévue au taux de 10,3 % appliqué sur l’impôt au taux normal de 25% pour les sociétés dont le chiffre d’affaires dépasse 1 milliard d’euros et de 20,6 % pour celles au-delà de 3 milliards, contre 20,6 % et 41,2 % en 2025. Après l’amendement déposé par le gouvernement, le taux serait de 5 % pour la première catégorie et de 35,3 % pour la seconde. Soit un petit allègement, moindre pour la seconde.
Le ministre justifie cette mesure comme un outil pour ramener le déficit public à 5 % du PIB, martelant : « il faut que tout le monde contribue, [y compris] les grandes entreprises qui gagnent bien leur vie ». Mais derrière ces mots se cache une logique punitive. Comme il le reconnaît lui-même, déposer « un amendement […], qui portait la surtaxe impôt sur les sociétés pour les très grandes entreprises à 6 milliards » (contre 4 milliards initialement prévus) n’a pas été fait « de gaieté de cœur », mais il estime que « ça fait partie du deal ». Un deal à la teinture visiblement collectiviste.
Le gouvernement raisonne ainsi à rebours, en choisissant d’abord d’alourdir la fiscalité avant même de s’interroger sur les moyens de favoriser la productivité des entreprises en France et d’optimiser leurs résultats qui généreraient ainsi plus d’impôts. Cette surtaxe, présentée comme temporaire et nécessaire, s’inscrit dans une logique de court terme où l’urgence budgétaire sert de prétexte à l’abandon de toute réflexion de fond sur la soutenabilité des finances publiques.
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