Garde nationale à Washington : les militaires déployés bientôt armés ?
Voilà près d’une semaine que les premiers soldats de la Garde nationale ont commencé à être déployés à Washington. Une opération qui fait suite aux déclarations de Donald Trump qui avait martelé vouloir éradiquer la violence "flambante" dans la capitale. Une affirmation pourtant démentie par les statistiques, qui pointent au contraire des crimes violents à leur plus bas niveau depuis 30 ans à Washington, et en baisse de 35 % entre 2023 et 2024.
Pour contrer la criminalité et expulser tous les sans-abri de la capitale - trop nombreux selon lui -, Donald Trump a déployé 850 gardes nationaux depuis le 12 août. Et bien que la loi permette au président américain de prendre le contrôle de la police de Washington pendant une durée maximale de trente jours, la porte-parole de la Maison-Blanche a déjà suggéré que cela pourrait durer plus longtemps. Prolonger le contrôle fédéral au-delà de cette période nécessiterait toutefois l’approbation du Congrès.
Vers une Garde nationale armée à Washington ?
Jusqu’à présent, les soldats de la Garde nationale portent des gilets pare-balles mais ne sont pas armés et ne disposent pas d’armes dans leurs véhicules, mais cela pourrait changer très prochainement, rapportent les médias américains. Le gouvernement fédéral a fait savoir son intention de doter tous les gardes d’une arme qu’ils pourront avoir sur eux lors des interventions.
Une mesure qui marque une étape supplémentaire dans la militarisation du pays et que l’administration américaine dit motivée par un triple objectif : "protéger les infrastructures fédérales, permettre aux forces de l’ordre d’effectuer des arrestations en toute sécurité et dissuader les crimes violents grâce à une présence policière visible". Un responsable de la Maison-Blanche cité par le Wall Street Journal a déclaré que les troupes déployées ne procèdent pas à des arrestations pour le moment. Le FBI et les agents du département de la sécurité intérieure ont néanmoins mené, eux, environ 300 interpellations sur une semaine à Washington.
Mais le gouvernement fédéral ne fait pas mystère de sa volonté d’utiliser prochainement la Garde nationale pour procéder à des arrestations dans la capitale. "Nous n’allons pas laisser la Garde nationale rester là à regarder sans rien faire", a ainsi déclaré sur Fox News le Secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth. De son côté, le Président du Conseil municipal de Washington Phil Mendelson a exprimé ses inquiétudes : "Les soldats de la Garde nationale sont formés pour la guerre et les catastrophes naturelles, pas pour assurer le maintien de l’ordre dans les collectivités", a-t-il déclaré.
Des effectifs bientôt doublés grâce aux gouverneurs républicains
Par ailleurs, les effectifs de gardes nationaux à Washington pourraient bien doubler si trois responsables républicains mettent leur promesse en application. Les gouverneurs de Virginie-Occidentale, de Caroline du Sud et de l’Ohio ont en effet annoncé leur volonté d’envoyer des renforts aux gardes déjà déployés dans la capitale. Au total 750 militaires supplémentaires pourraient venir appuyer les 850 déjà sur place. Concrètement, 300 à 400 soldats de la Garde nationale pourraient être mobilisés par la Virginie-Occidentale, 200 soldats pour la Caroline du Sud, et 150 pour l’Ohio.
Pour autant, tous les élus locaux républicains n’approuvent pas ces méthodes. Ainsi, lors de la Conférence des maires des États-Unis, dirigée par le républicain David Holt, ce dernier s’est opposé à la prise de contrôle de Washington par Trump, affirmant que "le contrôle local est toujours préférable". Une opinion partagée par le sénateur démocrate du Maryland Chris Van Hollen, cité par le Washington Post, qui dénonce "un abus de pouvoir total" du gouvernement fédéral.
Possible généralisation à d’autres métropoles
En juin déjà, Donald Trump avait ordonné le déploiement de 700 Marines et de 4 000 soldats de la Garde nationale à Los Angeles à la suite de manifestations contre des arrestations massives opérées par les services de l’immigration (ICE). Une mesure prise contre l’avis du gouverneur de Californie.
Le président américain a suggéré qu’il pourrait prendre des mesures similaires dans d’autres villes. Selon le Guardian, le Pentagone envisagerait de déployer des troupes de la Garde nationale stationnées en Alabama et en Arizona dans plusieurs autres métropoles, en particulier dans les grandes villes démocrates. Au cours du week-end, des centaines de personnes ont manifesté devant la Maison-Blanche pour dénoncer ces mesures qui ont mis la capitale sous tension.
