Gaza : Israël nie être à l'origine d'une "famine" et accuse le Hamas
Plus d’une centaine d’organisations humanitaires ont averti mercredi 23 juillet qu’une "famine de masse" se propageait dans la bande de Gaza, dévastée par 21 mois de guerre. Israël fait face à une pression internationale croissante concernant cette situation humanitaire dramatique. Cela, alors que des dirigeants de l’extrême droite israélienne ont tenu mardi une réunion publique au Parlement, afin de discuter d’un plan visant à transformer en "riviera" la bande de Gaza. Les Etats-Unis ont annoncé de leur côté que l’émissaire Steve Witkoff se rendrait cette semaine en Europe afin de finaliser un "corridor" pour l’aide humanitaire.
Les infos à retenir :
⇒ Israël nie être à l'origine d'une "famine" et accuse le Hamas
⇒ L'OMS affirme qu'une "grande proportion" de la population à Gaza meurt de faim
⇒ Le président israélien s'est rendu à Gaza pour la première fois depuis le début de la guerre
Israël nie être à l'origine d'une "famine" à Gaza et accuse le Hamas
Le gouvernement israélien a déclaré mercredi qu'il n'était pas responsable de la pénurie chronique de nourriture dans la bande de Gaza et accusé le mouvement islamiste palestinien Hamas d'avoir délibérément créé une crise. "A Gaza aujourd'hui il n'y a pas de famine causée par Israël", a déclaré le porte-parole du gouvernement, David Mencer, après la mise en garde lancée par plus de 100 ONG contre une "famine" généralisée, exhortant Israël à débloquer l'aide humanitaire. "Il s'agit d'une pénurie provoquée par le Hamas", a-t-il ajouté, accusant le mouvement d'empêcher la distribution de nourriture et de piller l'aide pour ses propres besoins.
Lors d'une visite à Gaza, la première depuis le début de la guerre, le président israélien Isaac Herzog a de son côté affirmé qu'Israël agissait en accord avec "le droit international", selon un communiqué de son bureau. "Nous agissons ici conformément au droit international. Nous fournissons une aide humanitaire conformément au droit international. Ceux qui tentent de saboter cette aide sont le Hamas et ses partisans", a-t-il dit, s'exprimant devant des soldats israéliens dans le territoire palestinien ravagé par 21 mois de guerre.
Peu auparavant, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères avait affirmé que le "risque de famine" qui pèse sur les populations civiles de Gaza était la conséquence du blocus imposé par Israël. L'extension de l'offensive lancée cette semaine "accélère la dégradation de la situation humanitaire, marquée par la malnutrition et le risque de famine. Cette situation est le résultat du blocus imposé par Israël", a-t-il déclaré, cité dans un communiqué.
L'OMS affirme que les gens meurent "de faim en masse" à Gaza
Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a affirmé ce mercredi 23 juillet qu'une "grande proportion" de la population à Gaza mourrait de faim. "Je ne sais pas comment on pourrait appeler cela autrement que des gens mourant de faim en masse, et c'est créé par l'homme", a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, en conférence de presse à Genève.
Ce constat survient après que des ONG ont aussi alerté ce matin sur le manque d'aide humanitaire dans l'enclave palestinienne. "Alors qu’une famine de masse se propage dans la bande de Gaza, nos collègues et les personnes que nous aidons dépérissent", indiquent des ONG, dont Médecins sans frontières, plusieurs branches de Médecins du monde et Caritas, Amnesty international, ou encore Oxfam international. Dans leur communiqué, les organisations appellent à un cessez-le-feu immédiat, à l’ouverture de tous les points de passage terrestres et à la libre circulation de l’aide humanitaire.
Israël fait face à une pression internationale croissante concernant la situation humanitaire dramatique de Gaza. Il a très partiellement assoupli fin mai un blocus total, imposé début mars à l’enclave palestinienne, qui a entraîné de très graves pénuries de nourriture, médicaments et autres biens de première nécessité. Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l'ONU a accusé mardi l’armée israélienne d’avoir tué à Gaza plus de 1 000 personnes depuis ladite fin du blocus. Ces derniers sont morts alors qu’ils cherchaient à obtenir de l’aide humanitaire, dont la grande majorité près de centres de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), une organisation soutenue par les Etats-Unis et Israël au financement opaque.
Gaza : la Défense civile fait état de 17 morts dans des frappes israéliennes
La Défense civile à Gaza a fait état de 17 morts morts mercredi dans de nouveaux bombardements israéliens sur le territoire palestinien, tandis que l'armée israélienne a dit poursuivre ses opérations contre les combattants du Hamas.
Le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal, a déclaré à l'AFP que huit Palestiniens parmi lesquels une femme enceinte avaient été tués dans une frappe vers 02h00 (01h00 heure française) dans le quartier de Tal Al-Hawa, à Gaza-ville (nord). Deux autres ont péri dans d'autres raids sur la ville. Dans le sud du territoire affamé et dévasté par plus de 21 mois de guerre, trois personnes ont été tuées à Bani Souheila, selon Mahmoud Bassal. Quatre ont péri près d'un centre de distribution alimentaire dans le centre de Gaza, a-t-il ajouté.
L'armée israélienne a déclaré que ses soldats avaient "intensifié leurs opérations" à Gaza-ville et dans la région de Jabalia (nord), notamment. Au cours des dernières 24 heures "les troupes ont démantelé des dizaines d'infrastructures terroristes et localisé des armes dans le sud de Gaza", a-t-elle indiqué dans un communiqué.
L’extrême droite israélienne discute d’un plan de "riviera" pour Gaza
Des dirigeants de l’extrême droite israélienne ont tenu mardi 22 juillet une réunion publique au Parlement à Jérusalem pour discuter d’un plan visant à transformer en "riviera" la bande de Gaza, à l’heure où les habitants de ce territoire sont confrontés à la famine. La réunion, intitulée "La Riviera à Gaza : de la vision à la réalité", s’est tenue sous l’égide de certains des membres les plus radicaux de l’extrême droite israélienne. Y ont participé notamment le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, et la militante Daniella Weiss, fervente partisane des colonies juives à Gaza.
En février dernier, le président américain Donald Trump avait suscité un tollé en déclarant que les Etats-Unis prendraient le contrôle de Gaza et en ferait la "Riviera" du Moyen-Orient, une fois vidée de ses habitants palestiniens. Les participants à la réunion de la Knesset ont discuté d’un "plan directeur" élaboré par le mouvement pro-colonies de Danielle Weiss pour rétablir une présence juive permanente à Gaza. Ce plan détaillé prévoit la construction de logements pour 1,2 million de juifs, ainsi que le développement de zones industrielles et agricoles et de complexes touristiques sur la côte.
Steve Witkoff attendu en Europe pour discuter de la situation à Gaza
Les Etats-Unis ont indiqué mardi 22 juillet que l’émissaire Steve Witkoff se rendrait en Europe pour discuter d’un cessez-le-feu dans la bande de Gaza, et finaliser la mise en place d’un "corridor" d’aide humanitaire dans le territoire palestinien. Il se déplace cette semaine pour une destination européenne qui n’a pas été dévoilée, afin de discuter notamment de la situation humanitaire à Gaza. Des responsables américains sous couvert de l’anonymat ont précisé qu’il pourrait ensuite se rendre au Moyen-Orient.
L’émissaire se rend dans la région avec "le ferme espoir que nous parviendrons à un nouveau cessez-le-feu, ainsi qu’à un corridor humanitaire pour l’acheminement de l’aide que les deux parties ont, en fait, accepté", a déclaré la porte-parole du département d’Etat américain, Tammy Bruce.
