Iran : le programme nucléaire retardé de deux ans par les frappes américaines, selon le Pentagone
Quel a été l'impact des frappes américaines sur les sites nucléaires iraniens ? Alors que la question fait débat depuis l'opération "Midnight hammer", Donald Trump assurant avoir "anéanti" le programme nucléaire iranien, le Pentagone a estimé ce mercredi 2 juillet qu'il avait en réalité été retardé d’environ deux ans. Cette évaluation a été faite le jour même où l'Iran a annoncé officiellement la suspension de sa collaboration avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
A Gaza, un cessez-le-feu se fait toujours attendre, alors que Donald Trump a affirmé mardi qu'Israël avait accepté de finaliser les termes d’un accord pour une trêve de deux mois. La paix semble encore loin, puisque Benyamin Netanyahou a juré mercredi d'"éliminer" le Hamas "à la racine". "Nous libérerons tous nos otages", a-t-il promis.
Les infos à retenir
⇒ Le programme nucléaire iranien a été retardé de deux ans, selon le Pentagone
⇒ Washington juge "inacceptable" la fin de la coopération de l’Iran avec l’AIEA
⇒ Benyamin Netanyahou veut "éliminer" le Hamas et récupérer tous les otages
Les frappes américaines ont retardé le programme nucléaire iranien de deux ans, selon le Pentagone
Le programme nucléaire iranien a été retardé d’environ deux ans par les frappes américaines décidées par Donald Trump, selon des évaluations du renseignement américain, a indiqué le Pentagone mercredi. "Nous avons retardé leur programme d'un à deux ans au moins, c'est ce qu'évaluent les services de renseignement du ministère" de la Défense, a déclaré le porte-parole du Pentagone Sean Parnell. "Nous pensons que c'est probablement plus proche de deux ans", a-t-il ajouté.
Depuis les bombardements américains contre les sites nucléaires de Fordo, Natanz et Ispahan il y a une dizaine de jours, Donald Trump répète que le programme nucléaire de Téhéran a été "anéanti" ou encore retardé de "plusieurs décennies". Son ministre de la Défense Pete Hegseth a vanté fin juin "une action militaire décisive" qui "a créé les conditions pour mettre fin à la guerre" entre Israël et l’Iran.
L’Iran vient de rejeter une demande du directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, de visiter ses installations nucléaires bombardées, afin de pouvoir établir ce qu’il est advenu de son stock d’uranium enrichi à un niveau proche du seuil de conception d’une bombe atomique. Ce dernier a estimé que l’Iran disposait des capacités techniques pour recommencer à enrichir de l’uranium d’ici "quelques mois".
Washington juge "inacceptable" la décision de l’Iran de suspendre sa coopération avec l’AIEA
Les Etats-Unis ont qualifié d'"inacceptable" mercredi la décision de l’Iran de suspendre sa coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) après sa récente guerre avec Israël, "à un moment où il a la possibilité de faire marche arrière et de choisir la voie de la paix et de la prospérité", a déclaré à la presse la porte-parole du département d’Etat.
L'ONU aussi s’est exprimée. "Nous avons vu la décision officielle, qui est évidemment inquiétante. Le secrétaire général (Antonio Guterres) a été constant dans son appel à l’Iran de coopérer avec l’AIEA", a déclaré à la presse le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric.
Benyamin Netanyahou jure d'éliminer le Hamas "jusqu'à la racine"
"C’est terminé. Nous libérerons tous nos otages et nous éliminerons le Hamas […]. Nous les éliminerons jusqu’à la racine", a juré mercredi le Premier ministre israélien. A quelques jours d’une rencontre prévue à Washington avec le président américain Donald Trump, qui presse pour un arrêt des hostilités, Benyamin Netanyahou a assuré qu’il n’y aurait plus de "Hamastan" à Gaza.
Le mouvement islamiste palestinien Hamas, lui, a annoncé étudier des "propositions" en vue d’un cessez-le-feu à Gaza. Selon une source palestinienne proche des négociations, ces "propositions" reçues par le Hamas des médiateurs égyptiens et qataris mentionnent une trêve de 60 jours pendant laquelle seraient libérés la moitié des otages israéliens encore vivants en échange d'"un certain nombre de prisonniers" palestiniens.
Donald Trump a assuré mardi qu’Israël avait accepté de finaliser les termes d’un cessez-le-feu de deux mois à Gaza. Pourtant, aucune piste tangible n’a encore émergé des tractations et l’horizon d’une fin des combats suscite des débats en Israël, des ministres d’extrême droite s’y opposant tant que le Hamas est toujours actif.
Gaza : le chef du programme d’aide soutenu par Israël promet de "ne pas s’arrêter"
La Fondation humanitaire de Gaza (GHF), soutenue par les Etats-Unis et Israël mais remise en cause par l'ONU et des dizaines d’ONG internationales poursuivra son aide à la bande de Gaza, a affirmé mercredi son chef, démentant que des Palestiniens aient été tués sur ses sites. "Nous ne fermerons pas. Nous avons une tâche à accomplir. C’est très simple, fournir tous les jours de la nourriture gratuite aux habitants de Gaza. C’est tout", a lancé devant la presse à Bruxelles le président de la GHF, Johnnie Moore, un évangélique chrétien allié au président Donald Trump.
Il a en outre assuré que son organisation restait déterminée à poursuivre son travail dans la bande de Gaza si un cessez-le-feu était conclu. "Sauf si nous y sommes contraints d’une manière ou d’une autre, nous n’avons absolument aucune intention d’abandonner ces personnes", a-t-il martelé.
