Emmanuel Macron exécute Gabriel Attal, ces zemmouristes qui rejoignent Eric Ciotti
C'est fou comme la dissolution a vraiment tout clarifié ! Ce second quinquennat est décidément à nul autre pareil.Le gouvernement Attal n’avait déjà pas duré longtemps, et voilà que Michel Barnier a été renversé par une motion de censure trois mois après sa nomination.François Bayrou se retrouve à Matignon, mais la crise n’en finit plus, la vie politique entre dans l’inédit.
Jean-Noël Barrot en veut à Thierry Breton
Emmanuel Macron a répété le 10 juin son intention d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, en obtenant si possible l’accord de l’Union européenne. Jean-Noël Barrot, qui, avant d’aller au quai d’Orsay, fut ministre délégué chargé du numérique entre 2022 et 2024, n’a pas oublié qu’il avait tenté, en vain, de pousser des textes en ce sens. mais il s’était heurté à l'intransigeance de la commission de Bruxelles, et notamment d’un certain Thierry Breton.
François Bayrou, le muet du sérail
C’est l’un des ministres importants du gouvernement qui le constate: Emmanuel Macron est redevenu beaucoup plus "interventionniste, à cause du management de François Bayrou". "Le chef du gouvernement dit très peu de choses en conseil des ministres, observe le même, alors que Michel Barnier parlait beaucoup plus."
Emmanuel Macron exécute Gabriel Attal
Le président de la République n’a pas apprécié la proposition de loi de Gabriel Attal visant à élever à titre posthume Alfred Dreyfus au grade de général de brigade, allant jusqu’à empêcher, "sous la pression des militaires", son arrivée au Sénat, selon Le Canard enchaîné. L’Express est en mesure d’ajouter non pas une mais deux pierres à l’édifice déjà solide de la rancœur entre le chef de l’Etat et son ancien Premier ministre depuis la dissolution.
Premièrement, Emmanuel Macron, qui n’a pas été prévenu par Gabriel Attal de sa volonté de déposer cette PPL (après tout, pourquoi l’aurait-il fait, lui qui n’a pas été prévenu par le président de la dissolution ?), s’est écrié en apprenant cette bonne idée attalienne : "C’est d’une démagogie totale !" Ironisant même devant des proches : "Il pourrait aussi dégrader Pétain tant qu’il y est." Deuxièmement, Gabriel Attal, lui aussi, a été agacé, et vivement, par l’annonce de la réflexion macronienne sur "un geste nécessaire qui rappellera l’actualité du combat des dreyfusards" le lendemain de l’adoption de la PPL à l’unanimité par l’Assemblée. Il n’a pu s’empêcher d’adresser un SMS sarcastique à l’Elysée : "Magnifique, faire cette proposition après une initiative de ma part, un an après la dissolution, double réparation !" Entre Emmanuel Macron et Gabriel Attal, ni oubli ni pardon.
La triple idée de Yaël Braun-Pivet
Yaël Braun-Pivet veut encore croire à la tenue de référendums avant la fin du quinquennat. La présidente de l’Assemblée nationale en a donc proposé plusieurs à Emmanuel Macron : un sur la proportionnelle pour les législatives - qui ne peut selon elle passer par le Parlement vu les oppositions au sein du socle commun, elle l’a dit à François Bayrou -, un autre sur le non-cumul des mandats dans le temps et un troisième qui validerait les propositions de la convention citoyenne actuellement organisée sur le temps des enfants.
Au PS, la paix des braves…
6 juin, il est 4h30 du matin au siège du Parti socialiste, le conclave des roses touche à sa fin. Nicolas Mayer-Rossignol vient d’accepter sa courte défaite, il reconnaît la victoire d’Olivier Faure. Pierre Jouvet lui tend la main, sans doute avec le fair-play gourmand des vainqueurs… Et le soulagement, surtout, de ne pas revivre la cacophonie marseillaise du congrès de 2023. “Pourquoi tu me serres la main ?” Le chef de file des anti-fauristes est décontenancé. "Bah bravo, t’as fait un bon congrès", lui répond le lieutenant du premier secrétaire. La paix des braves, premier acte ? Le second, en tout état de cause, commencera à Nancy le week-end prochain, du 13 au 15 juin. Les socialistes y poursuivront les discussions sur la composition de la direction du parti. Un atterrissage est prévu au mois de juillet.
…et des absences remarquées
Ce week-end, Carole Delga ne sera pas à Nancy mais à l’autre bout de la France. La présidente de la région Occitanie déserte le congrès des roses et l’intronisation de son meilleur ennemi Olivier Faure, pour se rendre à Perpignan, ville gouvernée par Louis Aliot, maire Rassemblement national. "Elle a fait le choix de Perpignan, où les enjeux sont importants pour les prochaines échéances. Pour tout donner pour combattre l’extrême droite", confient ses proches.
Les zemmouristes se recyclent chez Eric Ciotti
C’est une opération recyclage menée en toute discrétion. Alors que Reconquête, le parti d’Eric Zemmour, périclite lentement, ses anciens militants ont trouvé une nouvelle terre d’accueil chez Eric Ciotti. Le récent allié du RN a ouvert les portes et les fenêtres de son micro-parti, l’UDR, aux déserteurs. Parmi les référents départementaux fraîchement nommés, une petite dizaine est issue des rangs de Reconquête, comme Loup Bommier, candidat zemmouriste aux législatives de 2022, désormais responsable UDR en Côte d’Or, David Meyer, candidat aux législatives et européennes, aujourd’hui responsable UDR des Français de l’étranger, Sébastien Meurant, ancien sénateur LR, membre de la campagne Zemmour 2022, recasé référent dans le Val-d’Oise, ou encore Dénis Cieslik, ex-porte-parole de Reconquête, qui devrait diriger la campagne d’Eric Ciotti pour les élections municipales à Nice. De quoi renflouer les rangs du parti ciottiste, qui, un an après son alliance avec l’extrême droite, n’a pas réussi son OPA sur les cadres LR, qui ont peu suivi le mouvement de scission. L’union des droites vaut bien de piocher dans les rangs alliés !
