Petits prix et grandes idées, ces « bateaux quinquas » sont toujours partants pour de belles aventures. Texte : Olivier Le Carrer
Au sommaire :
Naviguer sur un voilier de cette décennie, c’est d’abord tirer un joli bord dans le temps. Partir à la découverte du fourmillement créatif qui a bouleversé la plaisance pendant cette période charnière.
Une nouvelle génération d’architectes –
Jean-Marie Finot, Michel Joubert, Jean Berret... – vient alors stimuler l’inventivité de ses prédécesseurs.
Les carènes évoluent, l’ergonomie est enfin prise au sérieux, le stratifié mieux maîtrisé, l’engouement pour les Ton Cups contribue à améliorer les performances, l’accastillage et le gréement.
Les ports de plaisance se multiplient et le paysage industriel change :
Yachting France (regroupement des marques Jouët, Arcoa et Lanaverre) et
Dufour, leaders bien installés jusqu’ici, sont maintenant contestés par les chantiers vendéens.
Les grandes années des petits bateaux
Jeanneau devient le plus gros constructeur français, rapidement rejoint par Bénéteau qui prendra la tête dès le début des années 80 après avoir triplé son chiffre d’affaires en quatre ans.
Symbole de cet essor, la flotte de voiliers de plus de deux tonneaux en France passe de 15 000 à 100 000 unités durant cette seule décennie...
Au-delà des données économiques, le principal intérêt des voiliers de cette génération est sans doute leur diversité.
On profite notamment dans ces millésimes d’un large choix de vrais croiseurs côtiers de moins de 8 m, catégorie qui sera ensuite un peu délaissée.
La robustesse des coques, généreusement échantillonnées, est également un atout, en revanche on restera attentif à l’état des ponts en sandwich, souvent délaminés. Mais ça se répare !
Le First 30 : Passeport pour le large
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Des bateaux qui donnent envie de naviguer en ciré jaune. . First 30 © Voile Magazine[/caption]
Pionnier – en 1977 – de la lignée First, le 30 doit son succès à sa polyvalence, compensant un volume limité par des qualités marines plaisantes et rassurantes.
Issu du half-tonner
Impensable, il s’est illustré à l’époque sur des terrains aussi variés que la Solitaire de l’Aurore ou la Transat anglaise.
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Le carré du First 30 dans les années 80 © Voile Magazine[/caption]
Aujourd’hui, ce bateau qui aime le près peut toujours se prêter à tous les programmes : croisière côtière, régate ou haute mer !
À ne pas confondre avec le First 30 E de Jean Berret.
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Le Bénéteau First 30 de 1977 à 1984 © Voile Magazine[/caption]
En chiffres
Long. coque : 8,95 m.
Largeur : 2,86 m.
TE : 1,70 m.
Lest : 1 700 kg.
Dépl. : 3 450 kg.
SV au près : 49,75 m2.
Mat. : strat. verre.
Arch. : Mauric.
Const. : Bénéteau.
Production : 1 100 unités de 1977 à 1984.
Cote Argus du Bateau (2025) : 12 300 €
Kelt 6.20
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Le Kelt 6.20 de 1974 à 1984 © Voile Magazine[/caption]
Disponible le plus souvent en quillard – 1,05 m de tirant d’eau – mais aussi en dériveur lesté, ce croiseur côtier tout simple, lancé en 1974 par Gilles Le Baud, régatier talentueux et entrepreneur inventif, propose encore l’un des meilleurs rapports habitabilité/agrément de navigation sur le marché.
En chiffres
Long. coque : 6,20 m.
Largeur : 2,48 m.
TE : 0,65/1,50 m.
Lest : 390 kg.
Dépl. : 950 kg.
SV au près : 23,70 m2.
Mat. : strat. verre.
Arch. : Harlé.
Const. : Kelt.
Production : 1 300 unités de 1974 à 1984.
Cote argus (2025) : 4 500 €.
Écume de Mer
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Ecume de Mer de 1968 à 1979 © Voile Magazine[/caption]
Attention, une
Ecume peut en cacher une autre : le modèle
1975 a gagné en confort par rapport à celui lancé en 1970 grâce à un rouf plus spacieux, un cockpit plus large et à la généralisation du moteur fixe.
Mais les deux millésimes de ce bateau devenu mythique partagent les mêmes bonnes performances.
En chiffres
Long. coque : 7,90 m.
Largeur : 2,65 m.
TE : 1,25 m.
Lest : 720 kg.
Dépl. : 1 600 kg.
SV au près : 34 m2.
Mat. : strat. verre.
Arch. : Finot.
Const. : Mallard.
Production : 1 350 unités de 1968 à 1979.
Cote argus (2025) : 7 490 €.
Gib Sea Plus 80
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Le Gib Sea Plus 80 de 1978 à 1983 © Voile Magazine[/caption]
Inspiré du brillant quarter Berret de Paulette, un voilier léger, économique, vivant… et quasiment vide à l’intérieur.
Pour ceux qui privilégient le plaisir de barre.
En chiffres
Long. coque : 7,90 m.
Long. flot. : 6,10 m.
Largeur : 2,50 m.
TE : 1,50 m.
Lest : 450 kg.
Dépl. : 1 300 kg.
SV au près : 30,50 m2.
Mat. : strat. verre.
Arch. : Berret.
Const. : Gibert Marine.
Production : 200 unités de 1978 à 1983.
Cote Argus (2025) : 4 950 €.
Edel 6
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L'Edel 6 de 1975 à 1983 © Voile Magazine[/caption]
Un petit costaud qui ne craint pas le large comme l’avaient montré Bruno Peyron et Brigitte Aubry lors des Mini-Transats 1977 et 1979.
Rebaptisé
Edel 660 en fin de carrière.
En chiffres
Long. coque : 6,60 m.
Largeur : 2,50 m.
TE : 1 m.
Lest : 400 kg.
Dépl. : 1 000 kg.
SV au près : 26 m2.
Mat. : strat. verre.
Arch. : Edel.
Const. : Edel.
Production : 900 unités de 1975 à 1983.
Cote Argus du Bateau (2025) : 5 290 €.
Dufour 2800
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Le Dufour 2800 de 1977 à 1983 © Voile Magazine[/caption]
Rien de spectaculaire dans ce bateau à l’allure massive, mais un remarquable concentré d’efficacité : on trouve là un volume habitable généreux, de bonnes performances et quatre versions pour s’adapter à tous les goûts, du petit tirant d’eau au CS – typé régate – en passant par le dériveur lesté.
En chiffres
Long. coque : 8,30 m.
Largeur : 2,93 m.
TE : 0,85/1,50 m.
Lest : 1 000 kg.
Dépl. : 2 900 kg.
SV au près : 37 m2.
Mat. : strat. verre.
Arch. : M. Dufour.
Const. : Dufour.
Prod. : 1 300 unités de 1977 à 1983.
Cote Argus (2025) : 13 500 €.
Kirk
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L'Amel Kirk de 1971 à 1980 © Voile Magazine[/caption]
La carène et les volumes sont datés mais la série reste une référence en matière de croiseurs simples et fonctionnels, grâce au très sécurisant plan de pont avec cockpit central.
Les nombreuses croisières au long cours réalisées par ses adeptes constituent une des meilleures invitations au voyage.
En chiffres
Long. coque : 10,75 m.
Largeur : 3,02 m.
TE : 1,63 m.
Lest : 2 000 kg.
Dépl. : 4 600 kg.
SV au près : 54 m2.
Mat. : strat. verre.
Arch. : H. Amel.
Const. : Amel.
Prod. : 276 unités de 1971 à 1980.
Cote Argus (2025) : 19 200 €.
Gin Fizz
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Le Gin Fizz de 1974 à 1984 © Voile Magazine[/caption]
Révolutionnaire à son apparition en janvier 1974 avec ses grands volumes, ses belles performances et son prix attractif, il a permis à de nombreux passionnés de partir vers les tropiques, voire autour du monde.
Quelques rares unités ont été gréées en
ketch et le
Gib’Sea 37 utilise la même carène.
En chiffres
Long. coque : 11,40 m.
Largeur : 3,76 m.
TE : 1,90 m.
Lest : 2 700 kg.
Dépl. : 6 500 kg.
SV au près : 78 m2.
Mat. : strat. verre.
Arch. : M. Joubert.
Const. : Jeanneau.
Prod. : 400 unités de 1974 à 1984.
Cote Argus (2025): 31 500 €.
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